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Hugo, Chanson de pirates

Donc ce que vous m'avez corrigé, çà va dans le genre discursif, c'est çà?


Et dans le genre poétique,j'ai mis çà ce qui est ci-dessous mais à part la "ballade" si j'ai bien compris, le reste n'a rien à faire là?

Genre poétique :
Habituellement composées de 3 strophes, depuis le Moyen-Âge, les ballades ont évoluées au cours du XIXe grâce à Hugo, ignorant les formes fixes des poèmes.   
Ce poème est donc une « ballade » de cinq strophes. Effectivement, le nombre de vers de chaque strophe est égal au nombre de syllabes de chaque vers, et les deux derniers vers de chaque strophe sont communs et forment un refrain. Ce refrain montre également qu’il s’agit d’un chant de pirates.

Deux genres poétiques :   
Les trois premières strophes sont écrites dans un genre épique. En effet, elles évoquent un événement historiques : les enlèvements de jeunes femmes occidentales par des pirates, durant la guerre d’indépendance de la Grèce, étaient courant. La poésie épique évoque des événements historiques (mêlés généralement à des légendes) ou des héros magnifiés. Il s’agit en fait d’accorder à un fait ou à un héros une grandeur et une force extraordinaires. La poésie épique n’est pas forcément liée à l’épopée.
Comme les actions représentées sont extraordinaires dans la poésie épique, l’hyperbole est fréquemment employée : « Dans tous les moutiers du rivage ».

Les deux dernières strophes sont écrites dans un registre lyrique. En effet, elles expriment les sentiments de la nonne à l’aide du champ lexical de la détresse : « Elle pleure, supplie, appelle. Malgré sa plainte et ses clameurs » (v28-29) ; « sa tristesse » (v32) ; «  Je me meurs ! » (v37). c'est faux à part "la ballade".




J'ai une hésitation pour cette question aussi:

Univers de référence : Ce poème traduit l'Orientalisme, vu par Hugo, dans son imagination. En effet Hugo n’a jamais voyagé en Orient, mais son recueil « Les Orientales » est entièrement inspiré par ce thème. On peut en conclure que l’univers de référence de ce poème est « l’Orient imaginaire ».
On peut ajouter que sujet est la piraterie barbaresque qui a dévastée les côtes méditerranéennes jusqu’à la prise d’Alger.
Le romantisme s’exerce ici dans l’exotisme. Cet Orient de Victor Hugo est dans la continuité des romans "philosophiques" du siècle des Lumières.

« Ochali ; esclavage ; monastère ; galère capitane ; Fez (Maroc) ; harem ; sultane » On remarque ici le champ lexical de l’Orient.

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Hugo, Chanson de pirates

fannyfour a écrit :

Donc ce que vous m'avez corrigé, çà va dans le genre discursif, c'est çà?

1/ Les choses auraient été plus simples si j'avais eu les questions et les réponses dans l'ordre.

2/ Ta phrase "Cet Orient de Victor Hugo est dans la continuité des romans "philosophiques" du siècle des Lumières" me laisse perplexe.

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Hugo, Chanson de pirates

Bah mon sujet était posté en entier au départ  hmm
Enfin, merci pour le temps que vous m'avez consacré Madame. smile

Titre du poème : « Chanson de pirates » tiré des « Orientales » de Victor Hugo.

Epigraphe :

« Alerte ! alerte ! voici les pirates

d’Ochali qui traversent le détroit. »
Le captif d’Ochali.

Paru en 1823 (durant la guerre d’Espagne) dans les « Tablettes Romantiques », le « Captif d’Ochali » serait un conte écrit anonymement par Eugène Hugo, le frère de Victor Hugo. Celui-ci lui a emprunté une épigraphe pour sa « Chanson de pirates » en respectant l’anonymat de l’auteur du Captif, inscrivant de la sorte de façon « cryptée » un hommage au frère devenu fou.

Datation : « Chanson de pirates » a été écrit le 12 mars 1828 puis le recueil les Orientales a été publié en 1829. A cette période c’est la guerre d’indépendance de la Grèce.

Nombre de vers : Ce poème est composé de 40 vers.

Structure poétique : Le poème est composé de 8 huitains (strophes de 8 vers)  et chaque vers est composé d’octosyllabes (vers de huit syllabes).
La disposition des rimes est la suivante : dans la première strophe :
 ABBA CDDC. Le huitain se décompose donc en deux quatrains aux rimes embrassées, le premier présentant des rimes nouvelles à chaque strophe, le second sur la même succession C-D-D-C.

Les deux derniers vers de chaque strophe se termine par un refrain :  « Dans la galère capitane
                                    Nous étions quatrevingts rameurs. »

Genre poétique :
Habituellement composées de 3 strophes, depuis le Moyen-Âge, les ballades ont évoluées au cours du XIXe grâce à Hugo, ignorant les formes fixes des poèmes.   
Ce poème est donc une « ballade » de cinq strophes. Effectivement, le nombre de vers de chaque strophe est égal au nombre de syllabes de chaque vers, et les deux derniers vers de chaque strophe sont communs et forment un refrain. Ce refrain montre également qu’il s’agit d’un chant de pirates.



Deux genres poétiques :   
Les trois premières strophes sont écrites dans un registre épique. En effet, elles évoquent un événement historiques : les enlèvements de jeunes femmes occidentales par des pirates, durant la guerre d’indépendance de la Grèce, étaient courant. La poésie épique évoque des événements historiques (mêlés généralement à des légendes) ou des héros magnifiés. Il s’agit en fait d’accorder à un fait ou à un héros une grandeur et une force extraordinaires. La poésie épique n’est pas forcément liée à l’épopée.
Comme les actions représentées sont extraordinaires dans la poésie épique, l’hyperbole est fréquemment employée : « Dans tous les moutiers du rivage ».

Les deux dernières strophes sont écrites dans un registre lyrique. En effet, elles expriment les sentiments de la nonne à l’aide du champ lexical de la détresse : « Elle pleure, supplie, appelle. Malgré sa plainte et ses clameurs » (v28-29) ; « sa tristesse » (v32) ; «  Je me meurs ! » (v37).

Genre discursif (narratif, descriptif, dramatique, lyrique) : Le genre discursif du poème est narratif. En effet, Hugo narre la capture d’une jeune femme religieuse occidentale par des pirates marocains, qui va devenir contre son gré sultane.

La première strophe de ce poème est descriptive : le temps de l’imparfait est utilisé « emmenions ; recrutions ; allions ; étions » pour présenter les personnages « cent chrétiens, pêcheur de corail ;  quatre-vingts rameurs » et où se situe l’histoire dans le temps « sérail… » et l’espace « de Fez à Catane, rivage ; mer ; dans la galère Capitane ». On peut néanmoins remarquer des verbes de mouvement et d’action tels que « emmenions » et « allions », ce qui montre que cette strophe est aussi narrative. De plus, le narrateur, un des pirates avec le pronom « nous », nous « raconte » l’histoire.

La deuxième strophe est au présent de l’indicatif, donnant vie au récit, comme si nous étions face à la scène des pirates écumant les mers. Avec ce changement de temps, Hugo veut nous faire assister à l’action.

La troisième strophe, est le discours direct des pirates à la nonne.

La quatrième strophe commence au présent, en nous plongeant dans le récit, et le récit reprend au passé simple « On l’emporta dans la tartane… »

La dernière strophe décrit brièvement la fille à l’imparfait « Ses yeux étaient deux talismans », mais reprend au temps de la narration : le passé simple (« On la vendit à sa hautesse »)

On peut en conclure que malgré que la première strophe soit descriptive, le poème est essentiellement narratif, comme nous le montre les temps du récit et la présence du schéma narratif.

Univers de référence : Ce poème traduit l'Orientalisme, vu par Hugo, dans son imagination. En effet Hugo n’a jamais voyagé en Orient, mais son recueil « Les Orientales » est entièrement inspiré par ce thème. On peut en conclure que l’univers de référence de ce poème est « l’Orient imaginaire ».
On peut ajouter que sujet est la piraterie barbaresque qui a dévastée les côtes méditerranéennes jusqu’à la prise d’Alger.
Le romantisme s’exerce ici dans l’exotisme.

« Ochali ; esclavage ; monastère ; galère capitane ; Fez (Maroc) ; harem ; sultane » On remarque ici le champ lexical de l’Orient.

Lieu :
« Nous allions de Fez à Catane, Dans la galère capitane » (v6-7)
Fez est au Maroc, et Catane est en Sicile (c’est une île d’Italie). On peut supposer que la religieuse est enlevée quelque part sur la cote sicilienne (chrétienne) pour alimenter le harem du sultan du Maroc (« Nous recrutions pour le sérail » (v3)).
Les pirates voyagent de l ‘Orient à l’Occident, à bord d’une galère « Capitane » (c'est le bateau le plus important de la flotte, celui qui transporte le chef).
Le poème décrit le débarquement à Catane et l’enlèvement d’une jeune nonne, près d’un monastère (une chapelle) :
« Nous jetons l’ancre près du bord
A nos yeux s’offre tout d’abord   
Une fille du monastère. » (v10 à 12)

Temps : Ce poème, publié en 1829, donne une image fantasque de l’Orient, tout en s’opposant à l'oppression de la Grèce par la Turquie. En effet, de 1821 à 1830, la Grèce lutte pour son indépendance, inspirant de nombreux Occidentaux.

Personnages : « Nous emmenions en esclavage
Cent chrétiens, pêcheurs de corail » (v2)

« Nous étions quatre-vingts rameurs » (v8)

« Une fille du monastère » (v12)
« la galère capitane » (v2) (La galère capitane est le bateau le plus important de la flotte, et transporte donc le chef. On peut en conclure qu’il y a un chef.)

Les personnages sont des pirates venus d’Orient en Occident, afin d’enlever une religieuse, destinée à être recrutée « pour le sérail » (v3) et à devenir sultane contre son gré « De nonne elle devint sultane » (v38). Ils emmènent aussi une centaine de chrétiens pour en faire des esclaves.

Tonalité :
La tonalité de ce poème est épique. L’impression qui s’en dégage est la sauvagerie et la barbarie des pirates. En effet, les pirates ont fait prisonniers une centaine de chrétiens et enlevé une jeune femme. Ce poème nous donne une image cruelle des pirates : comme s’ils pillaient et tuaient tout sur leur passage.

Une Orientale : ?   
L'orientalisme est un courant littéraire et artistique occidental du XIXe siècle.   
Les orientalistes développent à leur époque une fascination/ répulsion envers les cultures Orientales (d'Afrique du Nord, turque et arabe, et toutes les régions dominées par l'Empire ottoman, jusqu'au Caucase). En effet, dans ces régions, nombres de pratiques étrangères aux occidentaux sont tolérées : la polygamie, l’esclavage, les bains publics et les harems (ou sérails). Le harem, si éloigné des mœurs et de la culture européennes de l'époque fait l'objet de nombreuses interrogations mais aussi de nombreux fantasmes.
Ce poème est « une orientale », de part son sujet exotique : Hugo choisit l’enlèvement d’une religieuse par des pirates. Elle est destinée à devenir sultane et à faire partie d’un harem.   
Ce poème donne une image réaliste, conventionnelle et osée de l’Orient. Il oppose les pirates à la nonne, le couvent au harem et le catholicisme à l’Islam.

Place dans le recueil : n°, éléments de continuité, de discontinuité :
Le poème est le numéro 8. Le poème précédent s’intitule « La Douleur du Pacha » et le suivant « La Captive ».

« La Douleur du Pacha »

« La captive » est dans la continuité de « Chanson de pirates », et pourrait narrer les sentiments de la nonne enlevée par les pirates.

Personne ne peut me relire svp? hmm