j'en suis là mais je pense que mes réponses ne sont pas exactes:
Titre du poème : « Chanson de pirates » tiré des « Orientales » de Victor Hugo.
Epigraphe :
« Alerte ! alerte ! voici les pirates
d’Ochali qui traversent le détroit. »
Le captif d’Ochali.
C’est en 1823, (c’est la guerre d’Espagne) que son frère Eugène, publia anonymement une suite d’extraits de romances mauresques, sous le titre de : « Le Captif d’Ochali ». Hugo lui a emprunté une épigraphe pour sa Chanson de pirates en respectant l’anonymat de l’auteur du Captif, inscrivant de la sorte de façon « cryptée » un hommage au frère devenu fou.
Datation: « Chanson de pirates » a été écrit le 12 mars 1828 puis le recueil les Orientales a été publié en 1829. A cette période c’est la guerre d’indépendance de la Grèce.
Nombre de vers : Ce poème est composé de 40 vers.
Structure poétique : Le poème est composé de 8 huitains (strophes de 8 vers) et chaque vers est composé d’octosyllabes (vers de huit syllabes).
La disposition des rimes est la suivante : dans la première strophe :
a
b
b
a
c
d
d
c. Le huitain se décompose donc en deux quatrains aux rimes embrassées, le premier présentant des rimes nouvelles à chaque strophe, le second sur la même succession C-D-D-C.
La rime est riche car plus de deux phonèmes sont repris comme dans « esclavage et rivage. »
Les deux derniers vers de chaque strophe se termine par un refrain : « Dans la galère capitane
Nous étions quatrevingts rameurs. »
Genre poétique :
Habituellement composées de 3 strophes, depuis le Moyen-Âge, les ballades ont évoluées au cours du XIXe grâce à Hugo, ignorant les formes fixes des poèmes.
Ce poème est donc une ballade de cinq strophes. Effectivement, le nombre de vers de chaque strophe est égal au nombre de syllabes de chaque vers, et les deux derniers vers de chaque strophe sont communs et forment un refrain. Ce refrain montre également qu’il s’agit d’un chant de pirates.
[*]Deux genres poétiques :[/*]
Les trois premières strophes sont écrites dans un genre épique. En effet, elles évoquent un événement historiques : les enlèvements de jeunes femmes occidentales par des pirates, durant la guerre d’indépendance de la Grèce, étaient courant. La poésie épique évoque des événements historiques (mêlés généralement à des légendes) ou des héros magnifiés. Il s’agit en fait d’accorder à un fait ou à un héros une grandeur et une force extraordinaires. La poésie épique n’est pas forcément liée à l’épopée.
Comme les actions représentées sont extraordinaires dans la poésie épique, l’hyperbole est fréquemment employée : « Dans tous les moutiers du rivage ».
Les deux dernières strophes sont écrites dans un registre lyrique. En effet, elles expriment les sentiments de la nonne : « Elle pleure, supplie, appelle. Malgré sa plainte et ses clameurs » (v28-29) ; « sa tristesse » (v32) ; « Je me meurs ! » (v37).
[*]Genre discursif[/*] (narratif, descriptif, dramatique, lyrique) : Le genre discursif du poème est narratif. En effet, Hugo narre la capture d’une jeune femme religieuse occidentale par des pirates marocains, qui va devenir contre son gré sultane.
La première strophe de ce poème est descriptive : (présence du narrateur, un des pirates avec le pronom « nous »), le temps de l’imparfait est utilisé « emmenions ; recrutions ; allions ; étions » pour présenter les personnages « cent chrétiens, pêcheur de corail ; quatre-vingts rameurs » et où se situe l’histoire dans le temps « sérail… » et l’espace « de Fez à Catane, rivage ; mer ; dans la galère Capitane ».
Les autres strophes sont au passé simple, et content le voyage des pirates. Le poème est donc majoritairement narratif.
[*]Univers de référence :[/*] Ce poème traduit l'Orientalisme, vu par Hugo, dans son imagination. En effet Hugo n’a jamais voyagé en Orient, mais son recueil « Les Orientales » est entièrement inspiré par ce thème. On peut en conclure que l’univers de référence de ce poème est « l’Orient imaginaire ».
On peut ajouter que sujet est la piraterie barbaresque qui a dévastée les côtes méditerranéennes jusqu’à la prise d’Alger.
Le romantisme s’exerce ici dans l’exotisme. Cet Orient de Victor Hugo est dans la continuité des romans licencieux et "philosophiques" du siècle des Lumières.
« Ochali ; esclavage ; monastère ; galère capitane ; Fez (Maroc) ; harem ; sultane » On remarque ici le champ lexical de l’Orient.
[*]Lieu : [/*]
« Nous allions de Fez à Catane, Dans la galère capitane » (v6-7)
Fez est au Maroc, et Catane est en Sicile (c’est une île d’Italie). On peut supposer que la religieuse est enlevée quelque part sur la cote sicilienne (chrétienne) pour alimenter le harem du sultan du Maroc (« Nous recrutions pour le sérail » (v3)).
Les pirates voyagent de l ‘Orient à l’Occident, à bord d’une galère « Capitane » (c'est le bateau le plus important de la flotte, celui qui transporte le chef).
Le poème décrit le débarquement à Catane et l’enlèvement d’une jeune nonne, près d’un monastère (une chapelle) :
« Nous jetons l’ancre près du bord
A nos yeux s’offre tout d’abord
Une fille du monastère. » (v10 à 12)
[*]Temps :[/*] Ce poème, publié en 1829, donne une image fantasque de l’Orient, tout en s’opposant à l'oppression de la Grèce par la Turquie. En effet, de 1821 à 1830, la Grèce lutte pour son indépendance, inspirant de nombreux Occidentaux.
[*]Personnages :[/*] « Nous emmenions en esclavage
Cent chrétiens, pêcheurs de corail » (v2)
« Nous étions quatre-vingts rameurs » (v8)
« Une fille du monastère » (v12)
« la galère capitane »(v2) (c'est le bateau le plus important de la flotte, celui qui transporte le chef donc qui laisse supposer qu’il y a le chef)
Les personnages sont des pirates venus d’Orient en Occident, afin d’enlever une religieuse, destinée à être recrutée « pour le sérail » (v3) et à devenir sultane contre son gré « De nonne elle devint sultane » (v38). Ils emmènent aussi une centaine de chrétiens pour en faire des esclaves.
[*]Tonalité :[/*] La tonalité de ce poème est épique. L’impression qui s’en dégage est la sauvagerie et la barbarie des pirates. En effet, les pirates ont fait prisonniers une centaine de chrétiens et enlevé une jeune femme. Ce poème nous donne une image cruelle des pirates : comme s’ils pillaient et tuaient tout sur leur passage.
[*]Une Orientale : ? [/*]
L'orientalisme est un courant littéraire et artistique occidental du XIXe siècle.
Les orientalistes développent à leur époque une fascination/ répulsion envers les cultures Orientales (d'Afrique du Nord, turque et arabe, et toutes les régions dominées par l'Empire ottoman, jusqu'au Caucase). En effet, dans ces régions, nombres de pratiques étrangères aux occidentaux sont tolérées : la polygamie, l’esclavage, les bains publics et les harems (ou sérails). Le harem, si éloigné des mœurs et de la culture européennes de l'époque fait l'objet de nombreuses interrogations mais aussi de nombreux fantasmes.
Ce poème est « une orientale », de part son sujet exotique : Hugo choisit l’enlèvement d’une religieuse par des pirates. Elle est destinée à devenir sultane et à faire partie d’un harem.
Ce poème donne une image réaliste, conventionnelle et osée de l’Orient. Il oppose les pirates à la nonne, le couvent au harem et le catholicisme à l’Islam.
[*]Place dans le recueil :[/*] n°, éléments de continuité, de discontinuité :
Le poème est le numéro 8. Le poème précédent s’intitule « La Douleur du Pacha » et le suivant « La Captive ».
« La Douleur du Pacha »
« La captive » est dans la continuité de « Chanson de pirates », et pourrait narrer les sentiments de la nonne enlevée par les pirates.