Je répond quand même à J-H car je pense qu’il serait temps de trancher sur cette question stérile et archaïque de « l’utilité » des études de philosophie.
Est-ce qu’on peut s’en sortir avec des études de philosophie?
Réponse toute bête : ça dépend des gens.
Si tu es du genre à te dire « je fais ça pour ça » « une filière pour chaque métier » « il faut être constant » comme cette chère Paige un peu (f?)rigide qui ne semble pas croire au dépassement, c’est sûr que ça ne va pas trop marcher…
Non, il faut s’en remettre à des terrains de jeux plus autonomes…
Car oui la philosophie c’est d’abord tendre vers la jouissance et « choisir » un certain mode d’existence.
D’ailleurs c’est faire offense à la philo elle-même que d’en faire dans un but utilitaire, et faire fausse route à mon avis, de toute façon faire des études « longues » demande de s’être détaché un peu de tout ça, c’est pas facile sans doute .
Mais on ne se retrouve pas en philosophie par hasard (ni en littérature d’ailleurs)…ou alors on arrête très rapidement, donc oui, en ce sens je pense que ça demande une personnalité assez singulière et par conséquent cela amène un destin qui l’est aussi.
Il « faut » faire autre chose à côté bien sûr, se déployer au maximum, par exemple : faire du sport (car tout l’esprit et le corps sont liés), écrire des articles pour un magazine étudiant -ce que je fais et mon premier article sur le skate va bientôt paraître dans Klibre- aller à un maximum de conférences, d’expos, faire des rencontres, en un mot créer et se créer et le mot « faut » est ridicule car ça devient vraiment naturel au bout d’un moment, on le fait par ce que c’est nous tout simplement .
Et c'est à ce moment là je crois qu’on entre à proprement parler dans l’existence philosophique, dont parle si bien Jaspers : on sort du désespoir initial de l'échec (ma première année de philo notamment parce qu’il y a quelque chose qui a commencé à se déclencher dès la deuxième année grâce à des rencontres et une probité croissante) pour embrasser ce pour quoi on est fait (et devenir qui l’on est donc) mais le moment négatif est bien nécessaire.
Le pouvoir que l'on a est bien plus puissant que celui que l'on croit (et que l'on nous fait croire).
Car la philosophie ne se trouve pas que dans les bouquins mais aussi et surtout dans l’expérience de la vie elle-même: quelque chose qu’ont bien montré Nietzsche, Emerson et Heidegger pour ne citer qu’eux!
Donc à un moment on a toutes les barrières qui s’effondrent et enfin on s’éclate, on envoie du lourd et des perspectives magnifiques apparaissent comme une vraie libération, c‘est le déploiement de sa force originelle car sans travail et sans projet on est que soumission...
« Et quand l’épreuve
Est passé par les genoux,
On peut entendre la clameur de la forêt.
Friedrich Hölderlin, « l’Ister »
Tenez, moi par exemple, avant je me posais des barrières stupides : je n’aimais pas du tout l’épistémologie (la philo des sciences), la philosophie « analytique » même si ce terme est mal défini et bien à un cours du 5ème semestre j’ai eu un cours sur Quine essentiellement et sur le cercle de Vienne : Wittgenstein, Carnap, Russell et bien d’autre…et bien quand on se donnait la peine de rentrer dedans, c’était réellement passionnant toutes ces controverses sur le langage et ses usages, (comme Heidegger mais pas du tout au même niveau quand même) et le partiel a été vraiment un grand moment de philosophie! J’ai appris beaucoup de choses et je ne regrette pas du tout d’avoir choisi cette option.
Je n’aimais pas trop la logique mais avec ce cours j’ai mieux compris ceux qui aiment ça et y consacre leur vie comme ces mecs du cercle de Vienne, Quine et son critère d’engagement ontologique et le fait qu’une théorie scientifique est toujours susceptible d‘être remise à l‘épreuve. Sensass!
Aujourd’hui je m’intéresse vraiment à tout dans la philo même si je sais au fond à quel « camp» j’appartiens, et ça ce n’est même pas conscient car la philosophie est une question « d’estomac » comme dit Nietzsche, de la dose de vérité que l'on peut supporter et selon quel type d’individu on est on sera attiré par un certain type de philosophie plutôt qu'un autre , mais il n’en demeure pas moins que j’ai une grande ouverture à tout car tout peut servir et tout est lié d‘une certaine manière.
Au passage, se trouver quelques bons maîtres, en philo, qu’ils soient vivants, morts, proches ou lointains, s’ils vous font vibrer et que vous vous reconnaissez en eux, ça peut aussi être un bon moyen de développer tout ce qui est latent et ne demande qu’à s’exprimer.
Je pense que ça vous explique un petit mieux mon trajet « ascensionnel » aussi, et qui est cohérent, même tout simplement : existentiel.
Je ne vois pas les choses en terme utilitaire mais j’ai l’intuition par ce « miracle » qui s’est produit que ça va marcher donc je continue, j’éspère aller très loin et « it’s so good! » et à tout niveaux!
« en vous le souhaitant » 
Au moins Jeanne-HéloÏse, tu as mon avis sur la question, alors oui on peut se rater mais faire de la philo c'est prendre des risques aussi : penser est une aventure!
PS: c'est Dasein en attaché hein, Heidegger l'écrit ainsi : on est tous un Dasein!
Littéralement ça veut dire être-là mais aussi...existenz car autour de chaque Dasein...le monde!
Il s'offre à vous, si vous n'êtes pas trop timoré pour lui! Pensez-y! 
Et c'est une mécompréhension totale de ta part Polo : où as-tu vu que je pensais que les autres n'avaient pas de "projets professionnels"? Ils n'ont que ça c'est bien le coeur du souci...moi j'ai commencé par me demander qui j'étais plutôt que souffler de lassitude devant des sites d'orientation, ça m'a conduit à la jouissance, à apprendre à répondre à mes propres questionnements existentiels qui ne sont ni plus ni moins que les conditions de ma vie passé, présente et future.