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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

Je recherche de l'aide pour analyser ce poème. Merci beaucoup d'avance!
Commentaire composé:

II

Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s’élève,
Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive,
Fertile en grands travaux.
C’étaient là les anciens. Mais ce temps les efface !
France, dans ton histoire ils tiennent trop de place.
France, gloire aux nouveaux !

Oui, gloire à ceux d’hier ! ils se mettent cent mille,
Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville
S’en vont, tambours battants.
À mitraille ! leur feu brille, l’obusier tonne,
Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne,
Un enfant de sept ans !

Ceux-ci sont des héros qui n’ont pas peur des femmes
Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes !
Sur les passants tremblants.
On voit, quand dans Paris leur troupe se promène,
Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine
Avec des cheveux blancs !

Ils montent à l’assaut des lois ; sur la patrie
Ils s’élancent ; chevaux, fantassins, batterie,
Bataillon, escadron,
Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère,
Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire
Et Veuillot pour clairon.

Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches,
Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches,
Braves ! c’est le moment !
Avec quelques tribuns la loi demeure seule.
Derrière vos canons chargés jusqu’à la gueule
Risquez-vous hardiment !
Ô soldats de décembre ! ô soldats d’embuscades
Contre votre pays ! honte à vos cavalcades
Dans Paris consterné !
Vos pères, je l’ai dit, brillaient comme le phare ;
Ils bravaient, en chantant une haute fanfare,
La mort, spectre étonné ;

Vos pères combattaient les plus fières armées,
Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées,
Le catalan bruni,
Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce.
Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse,
Vous prenez Tortoni !

Histoire, qu’en dis-tu ? les vieux dans les batailles
Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ;
Ceux-ci vont, sans trembler,
Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes
Droit au crime. Ce sont deux façons différentes
De ne pas reculer.

Mon début d'analyse:

L'extrait est un sizain composé composé de deux alexandrins suivis d'un hexasyllabe puis a nouveau deux alexandrins et un hexasyllabe.
Registre: polémique+satirique+épique

La glorification d'un passé épique pour exalter les vrais valeurs à défendre:

Des phrases exclamatives pour montrer son admiration
V4 césure à l'hémistiche afin de montrer une véritable coupure avec le passé, ce temps est révolu.
Hyperboles: leur front luire, resplendir leur glaive fertile
comparaison: brillaient comme le phare
Le poète déplore la disparition des ces extraordinaires soldats.

La satire pour évoquer les soldats de Napoléon III:

Vocabulaire dévalorisant
Transformation de la réalité historique à des fins politiques.
Une vision méprisante
Hugo cherche à réduire à néant le 3eme empire francais, Napoléon et ses soldats.

Si quelqu'un pouvait m'aider à détailler et approfondir tout cela, ce serait fort sympathique! Encore merci d'avance

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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

Tu as vu l'essentiel, qu'ajouter ?
Fais une analyse précise des deux réalités opposées point à point :
- le souffle épique, les vastes étendues, le courage, la grandeur...
- l'aspect étriqué, la focalisation urbaine, les pleutres, la honte...

Tu as là encore l'opposition entre le mythe napoléonien et la vile figure de Napoléon le petit au service d'une plume engagée qui exagère dans un sens comme dans l'autre. C'est du Hugo politique en somme.

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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

Avant tout merci pour votre rapide réponse! Peut-être auriez-vous également réponse à mes différentes questions suivantes:

-"vers ces vétérans quand notre esprit s'élève" il y a la une inversion dans la phrase, il me semble. Mais que traduit-elle? Cherche-t-on à placer les vétérans en tête de phrase afin de les mettre à l'honneur?

-Lexique valorisant: notre esprit s'élève, luire, resplendir, fertile: Est-ce qu'on essaie de faire passer ces soldats pour des divinités? ou est-ce trop exagéré?

-"leur glaive fertile en grand travaux": cela signifie-t-il qu'ils ont accompli des grandes choses sous le règne de Napoléon I ? S'agit-il ici bien d'un enjambement?

-Vers 5 : Apostrophe la France+ "trop" est-ce un jugement du poète. Si oui, que traduit-elle?

-Vers 6: Comment expliquer cette phrase? Que puis-je en tirer?

Voyez-vous j'ai du mal à extraire les informations et à repérer ce qu'il faut relever dans le poème...

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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

-"vers ces vétérans quand notre esprit s'élève" :
Inversion qui met en valeur vétérans,
Allitération en V, assonance des E à apprécier, é fermé et è ouvert (en particulier final)

Est-ce qu'on essaie de faire passer ces soldats pour des divinités? pour des héros mythologiques suffira.

-"leur glaive fertile en grand travaux": cela signifie-t-il qu'ils ont accompli des grandes choses sous le règne de Napoléon I ? oui.
S'agit-il ici bien d'un enjambement? non, le groupe de mots occupe tout le vers.

"France, dans ton histoire ils tiennent trop de place."
est-ce un jugement du poète. Si oui, que traduit-elle?
Hugo regrette le passé grandiose pour mieux dénoncer l'aujourd'hui étriqué.

"France, gloire aux nouveaux !"
Il s'agit d'antiphrase (ironie) marquée puisque la suite développe la conduite honteuse de l'armée devenue basse police.

5 (Édité par Ortense_* 05/12/2011 à 21:14)

Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

bonjour,
    j'aimerai vous sollicitez pour mon commentaire si vous le voulez bien...
    A vrai dire j'ai trouvé vos réponses fondées et très bien expliquer j'ai toutefois d'autres questions sur ce même poème que je me pose et je n'y trouve pas de réponses... en bref je bloque je ne peux pas poursuivre mon commentaire...
    je serai ravi de pouvoir bénéficier de votre aide
   
mes questions sont les suivante:

que signifie le 5ème sizain, une dénonciation ..?   
A quoi voit t-on le jugement de Victor Hugo à travers ce poème...figure de style rythme ?
et puis ma troisième partie de mon commentaire repose sur l'engagement du poète j'y ai mis en sous partie le lyrisme, voyez vous d'autre point à mettre en abîme ?

J'ai mis une problématique a mon commentaire qui a attrait avec la fusillade est ce cohérent ?
merci

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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

Le 5e sizain

Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches,
Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches,
Braves ! c’est le moment !
Avec quelques tribuns la loi demeure seule.
Derrière vos canons chargés jusqu’à la gueule
Risquez-vous hardiment !

est une dénonciation par l'ironie (voir le gras). Il oppose un peuple désarmé à une troupe qui dispose d'armes de destruction massive.

L'appréciation d'Hugo se lit justement dans cette ironie cinglante et injurieuse. Tout, vocabulaire, rythmes, images...  lui est ordonné.

La problématique doit concerner la répression lâche, aveugle, injuste à l'image du tyran, cible ultime du poète. Il faut aussi faire le lien avec le titre. Hugo appelle justement à la désobéissance civique.

7 (Édité par Ortense_* 05/12/2011 à 22:38)

Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

merci pour cette réponse..
Toutefois pensez vous à ce qu'il ait un jugement sous-jasent dans l'explication de ce poème ?
enfin que pourrait on déduire comme jugement ? subjectif ?



et puis enfin en dernier lieu j'ai tout une partie sur l'engagement du poète j'ai trouvé comme sous partie
le lyrisme
déformation de l'Histoire..quelques point général sur l'engagement de VH
est ce correcte ou je m'égare ?

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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

Ce qui est sous-jacent est le mépris pour le tyran dont l'esprit délétère a contaminé le pays.

Il faut finir fort dans la 3e partie.
Il faut caractériser le lyrisme (trop général) par l'indignation, la colère. Il faut montrer comment la poésie devient un châtiment (titre de l'oeuvre). La déformation de l'histoire est bienvenue, elle montre toute la subjectivité emportée d'Hugo. Quant à l'engagement en général, il faut le garder pour la conclusion, pas pour le développement.

9 (Édité par Ortense_* 06/12/2011 à 11:04)

Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

merci beaucoup...
Pour ce qui est de développer la partie où je suis supposer parler de "comment est ce un châtiment ' , le poème ne l' est pas vraiment   enfin je ne vois pas ...où voulez vous en venir ?
ce poème fait le constat de l'horreur et des bassesses.. mais ne châtie pas LNBONAPARTE
je me trompe peut être bien...

et puis pour ce qui est du dernier sizain ...

Histoire, qu’en dis-tu ? les vieux dans les batailles
Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ;
Ceux-ci vont, sans trembler,
Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes
Droit au crime. Ce sont deux façons différentes
De ne pas reculer.


Ce sizain est tout de même particulier...
le poète s'adresse désormais à l'histoire alors qu'au début il l'a relater

"les vieux dans les batailles" est ce une façon de dire "allez vous en soldats de LNB III ,"
"Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. ce vers à une signification bien précise que je ne cerne qu'a moitié... qu'en pensez vous ?


Merci beaucoup pour l'aide que vous nous  apportez à tous !

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Hugo, Les Châtiments, À l’obéissance passive

Bonjour,

Quand Hugo fustige la lâcheté et l'abomination, il châtie la troupe et celui qui, dans l'ombre, a donné les ordres.

Histoire, qu’en dis-tu ? les vieux dans les batailles
Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ;
Ceux-ci vont, sans trembler,
Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes
Droit au crime. Ce sont deux façons différentes
De ne pas reculer.

Le poète personnifie l'Histoire, il en appelle au jugement des siècles.

"les vieux dans les batailles" désigne les soldats de la Révolution, du Consulat et de l'Empire.

"Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. ce vers à une signification bien précise que je ne cerne qu'a moitié... qu'en pensez vous ?

Les premiers refusent de reculer au prix de leur vie, au nom de l'honneur.
Les seconds chargent la foule désarmée et refusent de désobéir aux ordres criminels.