Baudelaire, Rêve parisien
Bonjour,
J'ai du mal à répondre à une question pour demain, à propos du poème "Rêve Parisien".
A Constantin Guys
De ce terrible paysage,
Tel que jamais mortel n'en vit,
Ce matin encore l'image,
Vague et lointaine, me ravit.Le sommeil est plein de miracles !
Par un caprice singulier,
J'avais banni de ces spectacles
Le végétal irrégulier,Et, peintre fier de mon génie,
Je savourais dans mon tableau
L'enivrante monotonie
Du métal, du marbre et de l'eau.Babel d'escaliers et d'arcades,
C'était un palais infini,
Plein de bassins et de cascades
Tombant dans l'or mat ou bruni;Et des cataractes pesantes,
Comme des rideaux de cristal,
Se suspendaient, éblouissantes,
A des murailles de métal.Non d'arbres, mais de colonnades
Les étangs dormants s'entouraient,
Où de gigantesques naïades,
Comme des femmes, se miraient.Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues,
Entre des quais roses et verts,
Pendant des millions de lieues,
Vers les confins de l'univers ;C'étaient des pierres inouïes
Et des flots magiques ; c'étaient
D'immenses glaces éblouies
Par tout ce qu'elles reflétaient!Insouciants et taciturnes,
Des Ganges, dans le firmament,
Versaient le trésor de leurs urnes
Dans des gouffres de diamant.Architecte de mes féeries,
Je faisais, à ma volonté,
Sous un tunnel de pierreries
Passer un océan dompté ;Et tout, même la couleur noire,
Semblait fourbi, clair, irisé ;
Le liquide enchâssait sa gloire
Dans le rayon cristallisé.Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges
De soleil, même au bas du ciel,
Pour illuminer ces prodiges,
Qui brillaient d'un feu personnel!Et sur ces mouvantes merveilles
Planait (terrible nouveauté!
Tout pour l'œil, rien pour les oreilles!)
Un silence d'éternité.II
En rouvrant mes yeux pleins de flamme
J'ai vu l'horreur de mon taudis,
Et senti, rentrant dans mon âme,
La pointe des soucis maudits;La pendule aux accents funèbres
Sonnait brutalement midi,
Et le ciel versait des ténèbres
Sur le triste monde engourdi.
Qui était Constantin Guys?
Wikipedia, Biographie Constantin Guys
En quoi les informations recueillies sont-elles intéressantes pour une première approche du texte?
Là je vois pas trop.
On pourrait penser que le poète se présente sous la forme d'une description écrite d'un tableau, comme l'aurait fait Constantin.
Mais ça ne nous guide pas pour la première approche du texte.
Il y a aussi quelques mots du champ lexical de la peinture, comme "j'avais banni" et "peintre fier de mon génie", mais je garde cette idée pour la prochaine question où il faut rechercher les grandes lignes du tableau, et ses champs lexicaux dominants.
J'ai dans les notes de mon livre, ceci:
Baudelaire a consacré à Constantin Guys une étude capitale intitulée "Le peintre de la vie moderne", parue en novembre et décembre 1863, dans laquelle il définit, en même temps que l'art de Guys, sa propre esthétique. Dans la lettre qui accompagne l'envoi du poème à Poulet-Malassis, le 13 mars 1960, il note non sans ironie que la pièce "n'a pas avec lui [Guys] d'autre rapport positif et matériel que celui-ci: c'est que, comme le poète de la pièce, il se lève généralement à midi".
Et je ne vois pas le rapport entre ce poème écrit en 1861 et "Le peintre de la vie moderne" en 1863
Merci d'avoir lu.
Merci d'avance.
Bonne soirée.
