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Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonsoir

J'ai trouvé ça dans des annales :

Ils se sont fort bien fait à leur nouveau métier
Est ce exact?!

J'aurais mis un s à fait, comme pour un verbe pronominal à sens réfléchi (se faire à = s'habituer à), ou un verbe à sens passif ...
A moins qu'il faille le voir comme certains verbes intransitifs employés pronominalement qui ne s'accordent jamais ?!

mystère et boule de gomme!

merci d'avance pour votre aide !

P.S : en cherchant dans le petit Robert à "se faire", j'ai trouvé 2 phrases intéressantes
-elles se sont fait belle → je suppose que c'est l'expression figée se faire belle qui empêche l'accord. Se faire à serait figé aussi?
- elles se sont faites très conciliantes

Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonjour, Christineh !

* Ils se sont faitS à leur nouveau métier.
Pronominal réfléchi ; COD antéposé ; accord.
Comme dans :
* Ils se sont habituéS à leur nouveau métier.
* Ils se sont faitS à cette nouvelle situation. (Hanse)

* Elles se sont faiteS belles.
Pronominal réfléchi ; COD antéposé ; attribut du COD ; accords.
* Je m'étais faitE belle. (Giono)
* Elles se sont faitES très conciliantes. (Petit Robert)

Mais celui-ci écrit : "Elles se sont fait belles. Bizarre ! Bizarre ?
Grevisse précise ici que le participe passé s'accorde souvent, mais qu'il n'est pas rare qu'il soit invariable :
* Est-ce que tu m'a fait bien belle ce soir ? (Claudel)
L'analyse est pourtant simple. Encore une certitude qui s'envole ! Et si le Petit Robert s'y met aussi...

Je rappelle que fait + infinitif est toujours invariable.
* Les gros diamants qu'elle s'est fait faire... Vulgaire !

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Un autre non accord du participé passé avec faire

Ah merci beaucoup Edy !

Pour une fois, ça va dans le sens qu'on a appris...

Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonsoir,

Rien d'académique ci-dessous, mais pourrait-il y avoir quelque chose de fondé?
Cela correspond plutôt à la façon dont je parle intuitivement... Dès que je réfléchis, je commet encore plus de fautes:

Elle s'est fait belle ta fille, en grandissant. (la vie et la nature l'ont rendue belle)
Elle s'est faite belle dans la salle de bain. (elle s'est coiffée maquillée elle-même)

Elle s'est fait conciliante. (l'expérience lui a appris que c'est plus utile)
Elle s'est faite conciliante. (elle s'est mordu la langue en comprenant que tout le monde était contre elle)

Elle s'est fait à son nouveau travail. (elle a pris l'habitude sans problème)
Elle s'est faite à son nouveau travail. (l'adaptation lui a demandé un effort sur elle-même)

Je n'avais jamais réalisé la nuance, mais aucune des deux formes ne me choque. Je leur donne un ton et un sens différents.

Bonsoir,
Dominique.

Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonjour, Domi.

Votre premier groupe d'exemples incite à réfléchir.

En écrivant ma réponse, j'avais "médité" sur les points 2 et 3 du VII de l'entrée FAIRE du Petit Robert.

Se faire y est défini respectivement par devenir et par devenir volontairement (se rendre). Vous voyez immédiatement qu'on est ici en plein dans les verbes attributifs.

Dès lors, nous n'avons plus à parler de verbe pronominal réfléchi ni à analyser la fonction de SE :
1 l'attribut s'accorde avec le sujet, ce qui ne change rien puisque nous l'accordions avec le (défunt) COD SE, qui s'identifie au sujet ;
2 se faire, dans ce sens, est un verbe pronominal subjectif ou lexicalisé (voire de sens passif) et le participe passé doit s'accorder avec le sujet, comme sous 1.

Je voudrais bien, dans votre premier sens, laisser le pp invariable, parce que je comprends la nuance que vous y mettez légitimement et avec finesse, mais je ne trouve pas le moyen de justifier cette invariabilité selon les cadres de la grammaire.

Je ferai remarquer que c'est à propos de "devenir volontairement" que le Petit Robert cite les deux exemples "contradictoires" :
* Elles se sont FAIT belleS.
* Elles se sont FAITES très concilianteS.
Cela n'arrange rien, au contraire ! Un effet de nature a été écarté.

Help !

Cordialement,
Edy

Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonjour Edy

Le premier exemple me laisse perplexe, car

Elles se sont fait belles. Bizarre ! Bizarre écrivez-vous.

Quoiqu'en dise Grevisse (qui au delà de sa science a tendance à proposer toutes les solutions rencontrées au fil des temps), l'analyse est simple :

"faites" et l'auxiliaire "être", s'accorde bien avec "s" placé avant.

Qu'en pensez-vous , je crains que des interprétations parfois assez obscures ne viennent perturber le problème des accords de verbes pronominaux (essentiels ou occasionnels), ce qui est dommageable pour apprendre notre langue.

@

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Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonsoir

Décidément la grammaire non plus n'est pas une science exacte! ça m'aurait arrangée qu'elle le fût au moins pour mon concours...! et comme le dit Henry on le ressent comme un dommage parfois!... parfois, seulement car la grammaire ne doit pas figer la langue.

Mais ce qu'écrit Domi m'interpelle!

Votre première exemple en particulier :

Elle s'est fait belle ta fille, en grandissant. (la vie et la nature l'ont rendue belle)

Comme l'a remarqué Edy, le Robert prétend que c'est une action volontaire du sujet et non pas un fait de la nature.
Par contre dans : elle se fait vieille, là le sujet est impersonnel et je me demande si ce n'est pas cette expression qui tend à nous faire accepter "elle s'est fait belle...en grandissant".

Grammairiens, si vous nous lisez, je vous suggère de prendre en compte la notion de temps dans cette expression et de distinguer 2 sens et donc 2 orthographes à s'est faite belle, pour nous éviter quelques casse-tête (s!) et découragements!!

Un autre non accord du participé passé avec faire

Bonsoir, les amoureux du français !

C’est le participe passé qui nous donne du fil à retordre.
En effet, aux TEMPS SIMPLES, l’analyse n’est pas si compliquée :
* Ma voiture FAIT vieille. → SEMBLE vieille. (Attribut du sujet)
* Ma voiture SE FAIT vieille. → DEVIENT vieille. (Attribut du sujet)
* Ma fille SE FAIT belle.
1 soit → DEVIENT belle. (Attribut du sujet)
2 soit → SE FAIT une beauté. (Attribut du COD)
Ce dernier énoncé verra son ambiguïté levée :
1 par le contexte ;
2 en fonction de la classe sémantique du sujet : si le sens « devenir » peut être donné à tout sujet quelconque, par contre celui de « se rendre » - attribut du COD – suppose que le sujet soit capable de volonté. En effet, il n’est pas possible que ma voiture se fasse une beauté. Je n’imagine d’ailleurs pas non plus qu’elle puisse devenir belle, à moins qu’une bonne pluie l’ait remise en son état premier…

Que dire maintenant des TEMPS COMPOSÉS ?
Je reproduis les deux exemples du Petit Robert :
* Elles SE SONT FAITES très conciliantes.
* Elles SE SONT FAIT belles.

Je rappelle que le dictionnaire les a écrits à propos du sens « devenir volontairement, se rendre ».

Revenons en arrière : Ma voiture fait / se fait vieille.
1 « Ma voiture A FAIT vieille » est un énoncé qui ne serait acceptable qu’à la fin d’une exposition de voitures, par exemple ; bien entendu, le participe passé (avec avoir) serait invariable.

2  « Ma voiture S’EST FAITE vieille » est un énoncé improbable ; nous dirions plus naturellement « Ma voiture EST DEVENUE vieille ». Improbable sans doute, mais pas impossible. Dès lors, comment échapper à l’accord du participe passé avec le sujet ? Nous arriverions au même résultat dans le cadre d’un attribut du COD, mais le caractère inanimé de ma voiture s’oppose à cette analyse.

Reste le cas où le sujet est un être animé capable de volonté et capable d’exercer cette volonté sur lui-même.
1 * Elles SE SONT FAITES très conciliantes.
Cet énoncé ne soulève aucune difficulté : accord du pp avec le COD « se », dont le représenté est « elles », un féminin pluriel.

2 * Elles SE SONT FAIT belles. → Elles SE FONT belles.
L’analyse de cet énoncé devrait aboutir à la même conclusion : Elles SE SONT FAITES belles.
Écartons l’hypothèse d’une erreur de typographie.
Que trouvons-nous dans les grammaires ?
* Je M'ÉTAIS FAITE belle. (Giono)
Le Robert des Difficultés du français explique : « le pp s’accorde, bien entendu, s’il est suivi d’un adjectif attribut du COD ».

Grevisse abonde dans le même sens :
* Je ME SUIS CRUE morte. (Bernanos)
* Elle S’ÉTAIT RENDUE intéressante. (J.-J. Gautier)
* Les horreurs dont les hommes SE SONT RENDUS coupables. (Siegfried)
* Les Goncourt SE SONT FAITS l’écho… (Billy)

en précisant cependant qu’il y a une certaine HÉSITATION dans l’usage :
* La littérature S’EST VOULU cela. (Barthes)
* Est-ce que tu M'A FAIT bien belle ce soir ? (Claudel)
* Ces sons du cor que je n’AI jamais TROUVÉ tristes. (Mauriac)
* Une vie qu’on AURAIT VOULU belle. (Maurois)
* Qui les EÛT CRU si pleins de sang ? (Montherlant)
* Ces petits fruits qu’on AURAIT VOULU plus sucrés. (Gide)
* J’assistais à des événements que mon grand-père EÛT certainement JUGÉ invraisemblables. (Sartre)
Grevisse ajoute que c’est un des cas où l’invariabilité du pp était recommandée par les grammairiens du XVIIe siècle. (Comme quoi rien n’est absolu dans la vie, même pas ce que je viens de vous dire…)

Les nuances que vous sentez selon qu’on accorde le pp ou pas sont intéressantes, mais je crains qu’elle ne trouvent pas place dans les cadres et schémas ACTUELS de la grammaire.
Personnellement, je ne vois pas le moyen de justifier la grammaticalité de « Ma fille S’EST FAIT belle » :
1 pronominal réfléchi, COD : accord ;
2 l’accord se fait aussi dans l’équivalent « Ma fille EST DEVENUE belle ».

On m’objectera les exemples précités d’invariabilité. Bien sûr ! Mais aucun de ces exemples ne peut s’expliquer par un « fait de nature ».
Voilà ! Je ne vois pas ce que je peux encore ajouter, quel que soit mon désir de vous plaire.

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Un autre non accord du participé passé avec faire

Merci Edy pour cette analyse minutieuse!

A défaut de remettre en cause les cadres et schémas de la grammaire actuels, on peut remarquer que le petit robert et le robert des difficultés ne sont pas tout à fait d'accord ....
Je crois que je vais le leur signaler....