Cela vaut ce que ça vaut : (à mon sens c'est plutôt du griffoné sur un coin de table _ d'ailleurs je sors de table _
) mais je vois assez bien se profiler la problématiaque suivante :
De quoi s'agit-il au fond ? C'est un personnage qui fait une tirade: il décrit une scène. En cela ce texte ré-emprunte une fameuse tradition classique qui est celle du récit de personnage. C'est à dire qu'il nous décrit sur scène une action que nous ne pouvons pas voir, qui est trop immense, trop terrible, trop excessive à figurer. On peut d'une certaine manière le comparer au récit célèbre de Téramène au dernier acte de Phèdre, voir dans un répertoire plus récent et quasi-contemporain de Genet, la dernière tirade du mendiant d'Electre. Cependant alors que le récit classique a pour objet une scène déjà déroulée, ou en train de se dérouler, la scène évoquée ici se passe au futur. Elle n'a pas eu lieu, ne peut pas avoir lieu, (Claire, la victime, est d'ailleurs présente sur scène); elle est tout droit extraite des imaginations et fantasmes de notre personnage narateur. De quelle manière Genet met-il ce paradoxe en scène ? Un paradoxe ou encore un des "jeux de théâtre" auxquels se livrent les soeurs? Solange est elle en train de mimer ce drame comme tantôt elle mimait sa maîtresse ?
Ce qui suit ce sont des notes en vrac, mais tu sauras faire le tri 
1) un tableau mortuaire
Dans un premier temps s' intéresser à la manière dont est mis en scène le tableau mortuaire. Aller au plus général : relever les étapes de cette mise à mort, constater comme elle est cohérente, chaque étape y est, la description y est faite conformément à son processus de rites, journalistes, juges, procès, bourreau, procession... Ce qui nous amène au tableau de l'enterrement, et à constater que les rôles sont renversés : les valets sont rois (ils ont des "courrones"), les bonnes font figure de nobles dames, le boureau est un amoureux... Ainsi on termine cette première partie sur la constatation ambigue que pour réaliste qu'elle soit, décrite dans tout le cérémonial et toute la procédure légale dont ses circonstances s'accompagnent in vivo, la mort dans ce discours est un tableau fantasmé. Elle n'est en aucun cas réaliste ! J'aodre terminer sur des paradoxes, cela relance le débat.
2) Le triomphe des contrastes
(ou, la fierté de la meurtrière)
S'intéresser en deuxième partie sur cette tendance de Solange à renverser, dans sa funèbre ivresse, les rôles de bien et de mal. D'honorable et de proscrit. Nous l'avons dit, la procession mortuaire faite à la victime inocente se confond en idée avec la procession qui accompagne au gibet la meurtrière. Relever tous les oxymores, figurés ou ostensibles, tous les paradoxes. Relever toutes les manifestations de fierté qui font pour Solange du crime une gloire, fierté d'être noire. Son style, ses bravades. Et véritablement, le crime est converti en acte glorieux : témoin la pompe qui l'entoure.
Mais, s'il y a gloire, il y a consécration. C'est le triomphe de la vie, au contraire, son apogée, tandis qu'un récit de mort devrait au contraire faire ses adieux, prendre doucement congé, ici Solange s'impose, brille. Nouveau paradoxe.
3) Un sacre ambivalent
En effet c'est bien le triomphe de Solange qui est mis en scène : Magistrats, juges, police, beau monde, valets et majordomes convertis en rois et en barons l'entourent, aux qui ne se déplaceraient pas pour une simple bonne, pour une personne à qui l'on dit "ma fille ? ". Elle n'est plus "ma fille?" mais LA meurtrière Lemercier. LA bonne qui a tué. C'est la CONSECRATION. D'ailleurs son nom même n'est-il pas dans cette scène expliqué ? So-lange : "saut de l'ange" . Elle va sauter (position devant la fenêtre), prendre son envol, et tendant vers les hauteurs, s'écraser et se rompre _ le saut de l'ange désigne aussi sa culbute sur l'échafaud. Claire de son côté est la blancheur, la fragilité, la victime, elle est claire. Elle est^pâle. Ainsi les noms mêmes sont expliqués dans cette scène : les personnages y sont représentés dans leur essence, dans leur caractéristique profonde. D'ailleurs, un entermement, en tant que cérémonie c'est-il pas un sacre ? Il consacre. etc... Et voici comment Solange, convoquant la mort, fait parvenir les rôles et les postures à leur point culminant, à leur apogée. La pièce est à son, instant tragique le plus intense (tandis que dans un récit classique le récit n'intervient que pour déjouer la tension, quand tout est déjà consomé)
voilà ce que je pouvais en dire, dans les grandes lignes. Et je vais m'arrêter là parce que le devoir m'appelle. Je te souhaite bon courrage pour ton oral. J'espère qe tu auras d'autres conseils que les miens _ variété ne peut que profiter. 