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Beckett, Fin de partie, fin du monde ?

un sujet pour le moins... pas problématique. Il pose une évidence. Tu dois donc trouver uniquement des arguments qui vont dans ce sens ?! Où est la dissertation alors ?

Evidemment que Fin de partie c'est la fin du monde. Il est tard et je tenterai de donner des détails demain. Mais déjà, le texte entier est truffé de références, d'ambiguïtés (comme pour la mère Pegg, excellent exemple) qui peuvent faire douter.

Là tout de suite, disons que c'est la fin d'un monde, mais dans lequel le temps s'écoule quand même (jeu sur la lumière, l'heure de prise des médicaments, etc). La question c'est : quelque chose après cela est-il possible ? Quelle ouverture ménage Beckett ?

J'ai eu la chance d'aller voir la pièce l'année dernière à Paris, c'était absolument génial ! La mise en scène, qui respectait le texte à la lettre, mettait parfaitement en évidence tous ses enjeux. J'en garde un souvenir impérissable.

Bref, on verra ça demain smile

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Beckett, Fin de partie, fin du monde ?

Là tout de suite, disons que c'est la fin d'un monde, mais dans lequel le temps s'écoule quand même (jeu sur la lumière, l'heure de prise des médicaments, etc).

Je ne suis pas d'accord ; le temps n'est pas défini par des dates. Il est infini et répétitif et se déroule de façon cyclique. La présence d'objet comme le réveil est absurde car celui-ci mesure le temps alors que le temps ne fonctionne plus ; il est déréglé. Et la lumière est vue de manière bien plus symbolique que temporelle car elle incarne l'évasion et d'une certaine façon une élévation spirituelle que les deux personnages principaux ne peuvent plus atteindre à cause des treumatismes subis. Ils sont tout simplement désabusés et même si par moment l'espoir semble renaître, l'illusion retombe vite ; Clov et Hamm sont donc à la fois prisonniers de l'espace dont la sortie est l'un des enjeux mais aussi du temps. Symbole du silence ( les didascalies " un temps " ), de la pesanteur mais aussi de la mort, le temps est un bourreau qui condamne les personnages à errer indéfiniment et à les confiner dans leur solitude.