Étude comparée : la création poétique

Salut,

Je suis en train de faire ma première dissertation pourtant je trouve des difficultés.
Le sujet de ma  dissertation est : faire une étude comparée entre l'art de Théophile Gautier
et  un ensemble de textes manifestes autour de la question de la création poétique : (l'art poétique de Verlaine, l'art poétique de Raymond Queneau, l'art poétique de Leo Ferre).
Notre prof nous a conseillé de suivre un plan dialectique alors est ce que je dois analyser les points de convergences dans la these et les points de divergences dans l'antithese
voici les texte

     

l'Art (Théophile Gautier)
Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
            Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
            Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rythme commode,
Comme un soulier trop grand,
            Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L’argile que pétrit
            Le pouce,
Quand flotte ailleurs l’esprit ;

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
            Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
            S’accuse
Le trait fier et charmant ;

D’une main délicate
Poursuis dans un filon
            D’agate
Le profil d’Apollon.

Peintre, fuis l’aquarelle,
Et fixe la couleur
            Trop frêle
Au four de l’émailleur.

Fais les sirènes bleues,
Tordant de cent façons
            Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobe
La Vierge et son Jésus,
            Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. — L’art robuste
Seul a l’éternité.
            Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère
Que trouve un laboureur
            Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent
Mais les vers souverains
            Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
            Se scelle
Dans le bloc résistant

                      l'Art Poétique (Boileau)
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux;
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, 
160 Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse (8); 
165 Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit, que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui sur la molle arène
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, 
170 Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage:
Polissez-le sans cesse et le repolissez;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. 
175 C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent,
Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu;
Que le début, la fin répondent au milieu;
Que d'un art délicat les pièces assorties 
180 N'y forment qu'un seul tout de diverses parties:
Que jamais du sujet le discours s'écartant
N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant.
Craignez-vous pour vos vers la censure publique?
Soyez-vous à vous-même un sévère critique. 
185 L'ignorance toujours est prête à s'admirer.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer;
Qu'ils soient de vos écrits les confidens sincères,
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur; 
190 Mais sachez de l'ami discerner le flatteur:
Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.
Un flatteur aussitôt cherche à se récrier:
Chaque vers qu'il entend le fait extasier. 
195 Tout est charmant, divin: aucun mot ne le blesse;
Il trépigne de joie, il pleure de tendresse;
Il vous comble partout d'éloges fastueux:
La vérité n'a point cet air impétueux

                        l'Art Poétique (Verlaine)
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint.
C'est des beaux yeux derrière des voiles,
C'est le grand jour tremblant de midi,
C'est, par un ciel d'automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !
Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !
Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L'Esprit cruel et le rire impur,
Qui font pleurer les veux de l'Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine !
Prends l'éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d'énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?
0 qui dira les torts de la Rime !
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?
De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym...
Et tout le reste est littérature. 

                 l'Art Poétique (Raymond Queneau)
Ce soir,
Si j'écrivais un poème
pour la postérité?
fichtre
la belle idée

je me sens sûr de moi
j'y vas
et à la postérité
j'y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème

ah mais
                    l'Art Poétique (Léo Ferré)

J'ai bu du Waterman et j'ai bouffé Littré et je repousse du goulot de la syntaxe
À faire se pâmer les précieux à l'arrêt la phrase m'a poussé au ventre comme un axe
J'ai fait un bail de trois six neuf aux adjectifs qui viennent se dorer le mou à ma lanterne
Et j'ai joué au casino les subjonctifs la chemise à Claudel et les cons dits "modernes"
Le dictionnaire et le porto à découvert je débourre des mots à longueur de pelure
J'ai des idées au frais de côté pour l'hiver à rimer le bifteck avec les engelures
Cependant que Tzara enfourche le bidet à l'auberge dada la crotte est littéraire
Le vers est libre enfin et la rime en congé on va pouvoir poétiser le prolétaire
Littérature obscène inventée à la nuit onanisme torché au papier de Hollande
Il y'a partouze à l'hémistiche mes amis et que m'importe alors Jean Genet que tu bandes
La poétique libérée c'est du bidon poète prends ton vers et fous lui une trempe
Mets-lui les fers aux pieds et la rime au balcon et la muse sera sapée comme une vamp
Que l'image soit rogue et l'épithète au poil la césure sournoise certes mais correcte
Tu peux vêtir ta muse ou la laisser à poil ses seins oblitérés par ton verbe arlequin
Gonfleront goulûment la voile aux devantures solidement gainée ta lyrique putain
Tu pourras la sortir dans la littérature

Étude comparée : la création poétique

Tu pars d'un poème qui définit l'Art poétique comme quelque chose d'esthétique et de travaillé

Ensuite tu as trois textes "manifeste" qui en donnent une autre idée, laquelle ?
le sujet a déjà été traité fais une recherche

Étude comparée : la création poétique

C'est dommage que, dans le corpus, il n'y ait pas "La lettre du voyant" de Rimbaud...

Étude comparée : la création poétique

Oui mais le texte de Ferré ça t'en fiche plein la tronche à la Poésie !
poète prends ton vers et fous lui une trempe
waouhhhhhhhhhhhhhhh ça décoiffe !