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Nature et fonction de "que"

Reformuler la phrase en remplaçant le pronom "ce" par le nom auquel il pourrait renvoyer ne me semble pas une altération si audacieuse, mais peut-être n'est-elle pas aussi pertinente que je veux bien le croire, je te fais confiance sur ce point. J'ai pensé à la proposition relative moi aussi: "que" ferait alors office de pronom relatif. Toutefois, je suis bien incapable de lui trouver un antécédent ou une fonction dans la subordonnée. Je pense donc qu'il s'agit d'une complétive complément du pronom "ce"; et si tu m'accordes mon "fait" on pourrait d'ailleurs reformuler la phrase ainsi: "je ne vois aucune objection quant au fait DE prendre vos congés". Cette phrase a le mérite, sans changer le sens, de mettre en évidence la fonction de complément du nom de la subordonnée.

La complétive complément du nom et la relative se ressemblent, mais si la première peut s'expliquer, la seconde me semble aller contre la logique de la phrase.

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Nature et fonction de "que"

@Anne345
Avec Goldmund, je ne pense pas que "quant à..." introduise un CDN du nom objection.
"Quant à etc." ne me semble pas en rapport direct avec le nom, il est en rapport avec la phrase entière. On pourrait dire :

quand à ce que vous preniez vos congés maintenant je ne m'y oppose pas.

Par contre je trouve les analyses de Goldmund assez tarabiscotées.
Quand on veut mettre une conjonction après une forme qui attend normalement une préposition, il est d'usage de glisser un "ce".

Ex Veille à ce qu'il ne prenne pas trop froid.

C'est un "ce" tampon : il est là parce qu'après la préposition il serait trop abrupt de mettre directement la proposition : on y attend un nom ou un pronom. Ce pronom est démonstratif cataphorique, de signification nulle. Ce n'est pas cela qui expliquera la fonction de "quant à ce que vous preniez vos congés maintenant".

Mais simplifions la phrase pour ne pas être troublés par de faux problèmes :

quant à vos congés je ne n'ai pas d'objections.

Il s'agit d'un complément assez particulier, je suppose qu'il est répertorié quelque part, il indique le sujet, la matière. Je pense qu'une bonne grammaire fournirait une terminologie adéquate pour enlever cette épine du pied.

EDIT : en fait, finalement, je crois que l'explication d'Anne demeure la plus logique.

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Nature et fonction de "que"

Ouais. Tu as peut-être raison: ça me paraît plus évident avec ta version simplifiée. Il s'agirait donc d'une proposition subordonnée complétive conjonctive en "que", complément du nom "objection", introduite par la locution prépositionnelle "quant à" et saupoudrée d'un pronom démonstratif cataphorique qui sert à rien.

Pfiou.

Nature et fonction de "que"

Je crois qu'on appelle ça un CC de propos. Sans garantie !

Quant à... Relativement à...
En ce qui concerne...
Pour ce qui est de...

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Nature et fonction de "que"

"Quant à " n'introduit pas plutôt complément de détachement ?
Mais dans la phrase donnée, il ne peut guère être supprimé, donc pas très "circonstanciel".

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Nature et fonction de "que"

Qu'est ce qu'un complément de détachement?

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Nature et fonction de "que"

Je n'avais jamais entendu parlé de cela avant que Jehan ne nous parle du complément de propos ! Cela s'applique aux "quant à moi", "pour ma part"...

voir ici

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Nature et fonction de "que"

A voir, il y a deux types de compléments circonstanciels. Les compléments de phrase peuvent être déplacés ou supprimés ("je regarde la télévision en m'épilant les poils du torse"), les compléments de verbe ne le peuvent pas ("je vais à Paris"). Honnêtement, cette phrase est un véritable casse tête pour moi, je ne trouve pas de solution qui me satsifasse pleinement.

Dans le cas présent, le complément de propos me semble plus pertinent que le complément de détachement. La raison est assez simple : la locution prépositionnelle "quant à" n'exprime pas un détachement vis à vis de l'objection, une modalisation (sens que l'on pourrait retrouver dans des phrases du genre: "quant à moi, j'apprécie beaucoup de te voir t'épiler les poils du torse devant la télévision"), mais au contraire, il exprime selon moi le sujet de cette objection, ce sur quoi elle porte. "Je n'ai pas d'objection quant à [sur le sujet qui va suivre] ce que vous preniez vos congés maintenant".

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Nature et fonction de "que"

Ce n'est pas un complément de propos, d'accord, mais pas non plus un complément de détachement. Je prends détachement dans le sens qu'à le détachement pour une épithète détachée. Et ce n'est ni un complément de phrase, ni un complément de verbe.
Quant à  ce que vous preniez vos congés maintenant, je n'ai pas d'objection. 
= Je n'ai pas d'objection (quant) à  ce que vous preniez vos congés maintenant. 
= Je n'ai pas d'objection à  la prise de vos congés maintenant.

Enfin, je crois !

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Nature et fonction de "que"

D'après ce que j'ai compris du lien, il ne peut s'agir d'un complément de détachement. Ils donnent comme exemples 'quant à" "pour ma part"...

Il s'agit de détacher une personne ou un objet du reste du propos, en somme de lancer l'éclairage sur un élément qui se distingue du reste.

Les gens pensent que le latin est inutile. Quant à moi, je trouve que c'est une nécessité vitale.

Dans notre cas, il s'agit de dire de quoi on va traiter, sur quoi va porter l'objection : j'y vois donc un complément de propos.

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