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Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Bonsoir a tous. Je suis actuellement en 1 ere S .
La prof nous donné un corpus de bac avec une question  "Sur quelles valeurs reposent les sociétés idéales décrite dans les texte du corpus "
En loccurence ici le texte qui me pose pb est le suivant:

Les actions du géant Gargantua sont l'occasion, pour Rabelais, d'envisager de nombreuses questions d'actualité et de réfléchir sur ce que serait une société idéale. L'abbaye de Thélème en constitue une illustration : les chapitres L à LIV précisent les circonstances de sa création, son architecture, ceux qui sont destinés à y habiter. Le chapitre LV expose la manière dont on y vit.

Toute leur vie était ordonnée non selon des lois, des statuts ou des règles, mais selon leur bon vouloir et leur libre arbitre. Ils se levaient quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, et dormaient quand le désir leur en venait. Nul ne les réveillait, nul ne les contraignait à boire, à manger, ni à faire quoi que ce soit. Ainsi en avait décidé Gargantua. Pour toute règle, il n'y avait que cette clause, Fais ce que la voudras ; parce que les gens libres, bien nés et bien éduqués, vivant en bonne compagnie, ont par nature un instinct, un aiguillon qui les pousse toujours à la vertu et les éloigne du vice, qu'ils appelaient honneur. Ces gens-là, quand ils sont opprimés et asservis par une honteuse sujétion et par la contrainte, détournent cette noble inclination par laquelle ils tendaient librement à la vertu, vers le rejet et la violation du joug de servitude ; car nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons ce qui nous est refusé.

C'est cette liberté même qui les poussa à une louable émulation : faire tous ce qu'ils voyaient faire plaisir à un seul. Si l'un ou l'une d'entre eux disait : “ Buvons ”, ils buvaient tous ; s'il disait : “ Jouons ”, tous jouaient ; s'il disait : “ Allons nous ébattre aux champs ”, tous y allaient. S'il s'agissait de chasser à courre ou au vol, les dames, montées sur de belles haquenées suivies du palefroi de guerre, portaient sur leur poing joliment gantelé un épervier, un laneret ou un émerillon. Les hommes portaient les autres oiseaux.

Ils étaient si bien éduqués qu'il n'y avait parmi eux homme ni femme qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d'instruments de musique, parler cinq ou six langues et y composer, tant en vers qu'en prose. Jamais on ne vit de chevaliers si vaillants, si hardis, si adroits au combat à pied ou à cheval, plus vigoureux, plus agiles, maniant mieux les armes que ceux-là ; jamais on ne vit de dames si fraîches, si jolies, moins acariâtres, plus doctes aux travaux d'aiguille et à toute activité de femme honnête et bien née que celles-là.

C'est pourquoi, quand arrivait le temps où l'un d'entre eux, soit à la requête de ses parents, soit pour d'autres raisons, voulait quitter l'abbaye, il emmenait avec lui une des dames, celle qui l'aurait choisi pour chevalier servant, et ils se mariaient ; et s'ils avaient bien vécu à Thélème en amitié de cœur, ils continuaient encore mieux dans le mariage, et ils s'aimaient autant à la fin de leurs jours qu'au premier jour de leurs noces.

Rabelais, Gargantua (1532) CHAPITRE LV

Merci a tout ceux qui pourront m'éclaircir .

Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide.
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Bonjour, j'ai finis mon commentaire sur le chapitre de 55 de Gargantua. Il est à rendre demain mais je voulais savoir ce que vous en pensiez car je me suis donné à fond. Pour vous inqiuer un peu le niveau, je suis en Première L. Voilà bonne lecture! smile

     C'est en 1534, en plein courant littéraire humaniste, que Rabelais rédige Gargantua.
     La guerre Picrocholine remportée, le géant récompense Frère Jean pour sa bravoure en lui faisant don de l'abbaye de Thélème.
     En quoi cette utopie présentée par Rabelais repose-t-elle sur des valeurs humanistes?
     Il convient alors de repérer les différences entre l'abbaye de Thélème et une abbaye conventionnelle afin de démontrer en quoi ces différences sont dues à des aspects humanistes.

     L'abbaye de Thélème repose sur un paradoxe flagrant: dès le début de l'extrait, Rabelais donne le ton grâce à une opposition entre "lois", "statuts", et "règles" et "bon vouloir" et "libre arbitre". Ces termes, opposés par la conjonction adversative "mais" témoignent d'un changement, d'une différence nouvelle entre l'abbaye conventionnelle et l'abbaye de Thélème. On peut penser que Rabelais souhaite rompre avec son expérience cléricale où la rigueur et la discipline était de mise.
De plus, qui dit abbaye dit voeux de pauvreté, de chasteté, de dévotion et de réclusion. Or, ici, aucun de ces préceptes religieux n'est appliqué. En effet, la dévotion est inexistante dans l'extrait puisqu'il n'y a aucune allusion ni à Dieu ni à la religion.
Il en est de même pour la pauvreté qui n'est pas de mise à l'abbaye de Thélème où la vie n'est que loisirs et divertissements comme l'indique la ligne 16:"chasse à courre" ou 15:" jouaient" et ligne 18:"joliment gantelée" ou ligne 17: "belle haquenées". On a donc ici autant de signes extérieurs de richesse que de signes intérieurs puisque ces gens sont instruits, et qu'il s'agisse d'écrire, de chanter, de lire ou de jouer d'un instrument de musique, l'éducation est coûteuse au 16e siècle et témoigne de la richesse des habitants de l'abbaye de Thélème. De plus, on remarque un champ lexical de la noblesse:"bien nés" ligne 6, "honneur" ligne 8, et "noble" ligne 9 qui témoigne d'une classe sociale aisée.
De plus, la chasteté est ignorée car l'abbaye est mixte comme le prouve la ligne 14:" l'un ou l'une d'entre eux". Ici, al chasteté n'aborde pas la valeur sentimentale ce qui laisse ces jeunes gens libres de s'aimer comme le dit la ligne 30:"vécu à Thélème en amitié de coeur".
Enfin, le voeux de réclusion semble oublié ici, car la sortir de l'abbaye est totalement libre et ne dépend que du désir de la personne concernée comme le montre la ligne 28:"voulait quitter l'abbaye".
On a donc ici un lieu paradoxale où tous les préceptes religieux sont remis en cause. En effet, à Thélème, la liberté est une loi comme le montre l'impératif de la ligne 5:"Fais ce que tu voudras".
     La vie à Thélème repose sur une valeur importante: la liberté. Liberté exprimée par son propre champ lexical:"bon vouloir" ligne 2, "désir" ligne 3, "libre arbitre" ligne 2. Pas d'horaires stricts à l'abbaye de Thélème comme le montre la ligne 2:" Ils se levaient quand bon leur semblait", pas de tenues imposées, pas de lois à part:"Fais ce que tu voudras".
Ici, l'auteur associe la règle à la contrainte et la contrainte au vie mais associe la liberté à la vertu. C'est pourquoi il pense les règles dangereuses "Car nous entreprenons toujours ce qui nous est interdit et nous convoitons toujours ce qui nous est refusé." ligne 11-12, mais défend la liberté. Car Rabelais sait qu'en l'absence de règles, le Surmoi empêche le vice. De plus, les lignes 11-12 rapporte à la la Genèse où le fruit défendu a malgré tout été mangé. Cette absence de règle exprime donc l'idée selon laquelle Rabelais défend un naturel vertueux et responsable chez l'Homme. Malgré tout, la fruit défendu a été mangé à cause de la tentation distillée comme un poison par le perfide serpent appelé Nahash. C'est là qu'intervient la valeur cruciale qu'est l'éducation, idée phare de l'Humanisme.

     On peut garder l'idée de la métaphore à la Bible pour expliquer une valeur importante dans cette utopie: l'éducation. Si une seule personne de l'abbaye n'avait pas reçu une éducation humaniste, il agirait pour lui seul et à la manière de Nadash, corromprait les autres, entraînant la ruine totale du système. Heureusement, ces êtres sont parfaitement éduqués selon les valeurs humanistes qui répondent au précepte:"Mens sana in corpore sano.". En effet, les habitants de l'abbaye de Thélème ont reçu une éducation idéale, parfaite.
     Ces gens sont idéalisés, beaux, riches, éduqués et mènent une vie saine qui semble être une critique de la société mondaine du 16e siècle se complaisant dans l'oisiveté. Cette impression de perfection est renforcée par les exagérations et énumérations qui participent au discours descriptif comme l'adverbe d'intensité "si" ligne 20 auquel on peut ajouter l'énumération de la ligne 20 à 26. Toutes ces qualités sont dénuées des habituels défauts qui vont avec, comme à la ligne 23.

     On a pu remarquer que Thélème n'était pas une abbaye comme les autres, or, ces différences sont expliquées par le fait que l'abbaye de Thélème illustre l'idéal humaniste de Rabelais.
     On peut apparenter l'abbaye de Thélème à l'Eldorado de Voltaire, dans Candide, oeuvre publiée en 1759 dans le contexte du siècle des Lumières.

Toujours pas de réponse?... Donnez moi vos avis svp... ='(

Up s'il vous plaît! ='(


Up! smile


Reeee up... = /

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Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Bonjour, je suis en 1ere L et je viens de rendre mon première commentaire. Je n'ai toujours pas la note bien sûr, mais je voulais savoir ce que vous en pensiez, j'avais posté mon commentaire sur un autre sujet, mais je n'ai eu au bout d'un semaine que... 0 réponse. Bref, j'étais assez déçu étant donné que je voyais les autres post être assez actifs. Voilà, j'espère que cette fois mon commentaire ne sera pas redirigé vers un autre topic afin qu'il croule sous les autres et sois oublié au fin fond de ce forum! smile

Sur ce, bonne lecteur, j'attends vos avis!Grrr.... 5 lectures mais aucune réponses! ^^ Je suis très curieux de savoir si ce que j'ai fait est bien car je me suis investi à fond dedans! Allez, cessez ce suspens insupportable! = /

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Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Salut, je n'ai pas eu le temps de tout lire mais d'après ce que j'ai vu il manque l’œuvre de Rabelais, la présentation des axes et la conclusion. Mais sinon le développement n'est pas mauvais.

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Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Heu... Pourtant tout ce que tu dis manquer y est, mais sous forme rédigée bien entendu. Notre professeur nous a apprit à annoncer implicitement le plan, afin d'éviter les habituelles structure excessivement lourdes telles que: " Dans un premier temps... puis dans un second temps..." Après je ne sais pas... Est-ce ce que tu t'attendais à  lire?

Ensuite je tiens à préciser que je mentionne effectivement l'oeuvre: Gargantua.

Et enfin, il y a une conclusion, claire, concise, avec une ouverture sur Voltaire.

Rabelais, Gargantua, chapitre 55

L'ouverture sur Voltaire, c'est franchement tiré par les cheveux !
L'ouverture (qui à mes yeux n'est pas indispensable, mais cela n'engage que moi...) doit replacer le texte dans un contexte général. Elle fait pendant à l'introduction, qui part du contexte général pour amener le texte étudié.
Ouvrez plutôt sur l'Utopie de Thomas More.

Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Oui mais abandonner une structure accrocheuse est dangereux, puisque ton commentaire donne un fouillis. Tu peux changer le " dans un premier temps " par " tout d'abord ". Tu aurais du mal à t'en passer.  Sinon, le développement est bien mais ça part dans tous les sens sans squelette (I, A) B), II A)... ).

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Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Rhooo... Bah zut alors, pourtant si il y a un squelette, un plan avec des sous-parties... Puis toute façon je l'ai déjà rendu si vous aviez le l'intitulé, donc on verra bien ^^

Et pour l'ouverture.... oui ej connais Utopie de More, il était dans mon dernier corpus étudié mais... je ne le trouvais pas semblable... Ici on a vraiement affaire à une micro société alors qu'Utopia est un monde entier. Ici on ressens bien l'impression de marginalisation, de coupure du monde, coupure aussi présente dans l'Eldorado en raison de caprices géologiques.

Rabelais, Gargantua, chapitre 55

Utopia est une île, un monde clos sur lui-même, tout comme Thélème, plus encore que Thélème car on ne peut pas s'en évader.
Plutôt que d'aller chercher Voltaire, inconnu de Rabelais, vous pouviez vous référer à la République de Platon, description de la cité idéale, idéale et étouffante, (comme Thélème, où chacun fait ce qu'il veut à condition de faire la même chose que les autres), bref, montrer que le monde idéal de Rabelais s'inscrit dans une solide tradition.