Superbe sujet (mais très osé s'il s'agit d'un devoir de terminale ... ce que je ne crois pas).
Sur la vertu, définie comme disposition acquise par l'expérience répétée à choisir le meilleur (hexis proaïrétikè), relativement à soi, entre deux extrêmes, voir les textes fondamentaux d'Aristote, Ethique à Nicomaque, II, 6 et 7 et III, 14 pour l'exemple de la vertu de modération (ou tempérance, selon les trad. => sophrosunè).
N'oublie pas le devenir : s'agit-il d'un processus asymptotique, toujours à renouveler ? Ou bien d'un processus qui a un terme identifiable ?
Comment devenir vertueux ? Par l'exercice de la vertu ? Mais alors cela suppose d'être déjà un peu vertueux ... (si c'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est qu'il faut bien être un peu forgeron pour devenir forgeron !). Par l'enseignement d'un maître ? Mais alors, cette vertu de seconde main est critiquable : on doit être habité par la vertu, et pas seulement en imiter les apparences extérieures !
Devenir vertueux, c'est atteindre un modèle objectif, universel ? Ou bien relativité individuelle, culturelle, etc. des définitions de la vertu ?
Devenir vertueux, c'est devenir un autre soi, meilleur ? Ou c'est tout simplement devenir pleinement soi ?
AJOUT : si ça peut t'aider, Mme Suzanne Husson - enseignante à Paris IV - met en ligne ce tableau des vertus chez Aristote (à partir d'une lecture de Ethique à Nicomaque, livres II et III). La vertu y apparaît bien comme médiété, mais il faut rappeler qu'elle est en plus à déterminer par chacun par rapport à soi (la juste mesure de nourriture n'est pas la même pour un athlète et un vieillard !) :
Tableau des vertus d'après Aristote, Ethique à Nicomaque, livres II et III