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	<title type="html"><![CDATA[Forum littéraire – Sartre, Les Mots - J'avais trouvé ma religion...]]></title>
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	<updated>2008-06-17T09:24:59Z</updated>
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			<title type="html"><![CDATA[Sartre, Les Mots - J'avais trouvé ma religion...]]></title>
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			<content type="html"><![CDATA[<p>Bonjour !<br />Voilà, je révise mes cours de français, et je m&#039;aperçois qu&#039;il y a un petit truc que je n&#039;ai pas compris sur un texte. Il s&#039;agit de l&#039;autobiographie <span class="bbu">Les Mots</span> de Jean-Paul Sartre. Dans la partie <em>Lire</em>, nous avons étudiez un texte de &quot;J&#039;avais trouvé ma religion...&quot; à &quot;sans trop d&#039;espoir.&quot;.</p><p>Voilà, ce qui me pose problème, c&#039;est que dans ce texte, Sartre parle du pouvoir des mots : faire surgir les choses, posséder le monde...<br />Sartre dit aussi qu&#039;il est devenu sceptique, en proie aux doutes, au manque d&#039;espoir sur des valeurs intellectuelles.<br />Je ne comprends pas ces deux réflexions, je ne comprends pas pourquoi on peut dire que la connaissance du langage permet la possession de l&#039;Univers ni pourquoi Sartre est devenu sceptique.<br />Merci d&#039;avance&nbsp; <img src="http://www.etudes-litteraires.com/forum/img/smilies/smile.png" width="15" height="15" alt="smile" /><span class="sig-line"></span></p><div class="quotebox"><blockquote><p>Jean-Paul Sartre, Les Mots<span class="sig-line"></span>J&#039;avais trouvé ma religion : rien ne me parut plus important qu&#039;un livre. La bibliothèque, j&#039;y voyais un temple. Petit-fils de prêtre, je vivais sur le toit du monde, au sixième étage, perché sur la plus haute branche de l&#039;Arbre Central : le tronc, c&#039;était la cage de l&#039;ascenseur. J&#039;allais, je venais sur le balcon, je jetais sur les passants un regard de surplomb, je saluais, à travers la grille, Lucette Moreau, ma voisine, qui avait mon âge, mes boucles blondes et ma jeune féminité, je rentrais dans la cella ou dans le pronaos, je n&#039;en descendais jamais en personne : quand ma mère m&#039;emmenait au Luxembourg - c&#039;est-à-dire : quotidiennement - je prêtais ma guenille aux basses contrées mais mon corps glorieux ne quittait pas son perchoir, je crois qu&#039;il y est encore. Tout homme a son lieu naturel ; ni l&#039;orgueil, ni la valeur n&#039;en fixent l&#039;altitude : l&#039;enfance décide. Le mien, c&#039;est un sixième étage parisien avec vue sur les toits. Longtemps j&#039;étouffai dans les vallées, les plaines m&#039;accablèrent : je me traînais sur la planète Mars, la pesanteur m&#039;écrasait ; il me suffisait de gravir une taupinière pour retrouver la joie : je regagnais mon sixième symbolique, j&#039;y respirais de nouveau l&#039;air raréfié des Belles-Lettres, l&#039;Univers s&#039;étageait à mes pieds et toute chose humblement sollicitait un nom, le lui donner c&#039;était à la fois la créer et la prendre. Sans cette illusion capitale, je n&#039;eusse jamais écrit.</p><br /><p>Aujourd&#039;hui, 22 avril 1963, je corrige ce manuscrit au dixième étage d&#039;une maison neuve : par la fenêtre ouverte, je vois un cimetière, Paris, les collines de Saint-Cloud, bleues. C&#039;est dire mon obstination. Tout a changé, pourtant. Enfant, eussé-je voulu mériter cette position élevée, il faudrait voir dans mon goût des pigeonniers un effet de l&#039;ambition, de la vanité, une compensation de ma petite taille. Mais non ; il n&#039;était pas question de grimper sur mon arbre sacré : j&#039;y étais, je refusais d&#039;en descendre ; il ne s&#039;agissait pas de me placer au-dessus des hommes : je voulais vivre en plein éther parmi les simulacres aériens des Choses. Plus tard, loin de m&#039;accrocher à des montgolfières, j&#039;ai mis tout mon zèle à couler bas : il fallut chausser des semelles de plomb. Avec de la chance il m&#039;est arrivé parfois de frôler, sur des sables nus, des espèces sous-marines dont je devais inventer le nom. D&#039;autres fois, rien à faire : une irrésistible légèreté me retenait à la surface. Pour finir, mon altimètre s&#039;est détraqué, je suis tantôt ludion, tantôt scaphandrier, souvent les deux ensemble comme il convient dans notre partie : j&#039;habite en l&#039;air par habitude et je fouine en bas sans trop d&#039;espoir.</p></blockquote></div>]]></content>
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