ENSAIGNE
Étymologie
Ce nom est issu du latin classique insignia, "décoration", "parure".
Ancienne langue
- Ce mot a d'abord le sens de "marque, indice servant à faire reconnaître quelque chose", d'où "marque, tache".
- À partir du XIIe siècle, il prend également le sens de "preuve". Il apparaît dans plusieurs locutions avec cette acception : a telle enseigne que ("la preuve en est que", XVe siècle), ou a bonne(s) enseigne(s) ("à bon titre", avec des garanties").
- Dès le XIe siècle, le mot désigne un "symbole de commandement servant de signe de ralliement". Il peut donc renvoyer à un "cri de ralliement" ou à un "drapeau".
Évolution jusqu'au français moderne
- Les deux premiers sens de ce mot ont disparu avant la fin du XVIIIe siècle.
- Il est devenu littéraire au sens de "drapeau", de même que son dérivé porte-enseigne, "porte-drapeau". Mais, par métonymie, ce substantif peut désormais (depuis le XVIe siècle) désigner un "officier de marine" (enseigne de vaisseau).
- Depuis la fin du XVe siècle, le mot désigne "une inscription ou un emblème apposés sur un établissement commercial pour le signaler au public". D'où la locution proverbiale : a bon vin il ne faut point d'enseigne, "un bon produit n'a pas besoin de publicité". De ce sens dérive également l'expression être logé à la même enseigne, "subir les mêmes inconvénients".
N. Andrieux-Reix, Ancien français, fiches de vocabulaire, P.U.F., 2004.
M. Rouquier, Vocabulaire d'ancien français, Nathan Université.
L. Hélix, L'épreuve d'ancien français, fiches de sémantique, Du Temps, 2000.
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