DEVISE
Étymologie
Ce substantif est un déverbal de "deviser".
Ancienne langue
- Le sens originel de ce substantif correspond à l'étymologie du verbe "deviser", puisqu'il signifie en premier lieu "division", puis "séparation, partage". Il entre donc dans la composition de la locution metre en devise, "mettre en pièces".
- Ce substantif possède également des acceptions directement héritées du sémantisme du verbe "deviser" :
- "plan, dessein" ;
- "entretien, conversation" (la locution faire devise de signifie "faire mention de") ;
- "désir, volonté", d'où, par spécialisation, "testament, dernières volontés".
- Par spécialisation, le terme entre dans le vocabulaire de la justice avec l'acception de "testament, dernières volontés".
- Par glissement sémantique, ce nom en vient à signifier "différence, signe distinctif". Il entre avec ce sens dans le vocabulaire de l'héraldique, appliqué à un "emblème".
Évolution jusqu'au français moderne
- Seul l'emploi du mot dans le domaine de l'héraldique s'est maintenu au XVIe siècle. Par transfert métonymique de l'emblème à la sentence qui l'accompagnait dans la deuxième moitié du XVIe siècle, le terme désigne une "figure emblématique accompagnée d'une inscription, généralement en latin".
- C'est au XVIIe siècle que le mot est reversé de la langue de l'héraldique à l'usage courant au sens de "formule concise qui exprime une règle de conduite ou suggère un idéal".
- Au XIXe siècle apparaît le sens financier du mot : "titre permettant d'effectuer des paiements à l'étranger par voie de compensation", d'où "monnaie étrangère". Il vient, par métonymie, de ce que l'on imprimait des devises sur les formulaires de change. Néanmoins, cette acception tend de plus en plus à se séparer des deux autres et à apparaître comme un mot différent ; il est même possible qu'il s'agisse d'un emprunt à l'allemand Devise.
N. Andrieux-Reix, Ancien français, fiches de vocabulaire, P.U.F., 2004.
M. Rouquier, Vocabulaire d'ancien français, Nathan Université.
L. Hélix, L'épreuve d'ancien français, fiches de sémantique, Du Temps, 2000.
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