Le baroque en résuméLe terme « baroque » provient du portugais barroco et désigne à l'origine les perles de forme imparfaite. Au XVIIe siècle, ce terme est péjoratif car il qualifie tout ce qui est bizarre, hors des normes. Depuis le XXe siècle, les historiens de l'art appellent « baroques » les œuvres d'art du XVIIe siècle caractérisées par des thèmes comme l'illusion, la métamorphose, les courbes, le foisonnement du décor, l'ouverture sur l'infini. C'est récemment que le terme « baroque » a été adopté par l'histoire littéraire. En littérature, les œuvres des écrivains baroques se singularisent par leur fascination pour le changement, le mouvement, l'instabilité des choses. L'ostentation et la mort sont aussi des thèmes récurrents propres au baroque. Le mouvement baroque est apparu dans un contexte politique, scientifique et théologique particulier :
Ces éléments entraînent plusieurs conséquences importantes : l'homme se sent décentré, on prend conscience que l'univers est infini (et non plus bien délimité) et corruptible (la Lune présente des taches, elle n'est pas parfaite ; cf. Galilée). Il y a crise de la sensibilité, et les certitudes sont remises en cause.
Selon Jean Rousset, dans L'Intérieur et l'extérieur. Essais sur la poésie et sur le théâtre au XVIIe siècle (1968), les critères de l'œuvre baroque sont :
L'instabilité d'un équilibre en voie de se défaire pour se refaire de surfaces qui se gonflent ou se rompent, de formes évanescentes, de courbes et de spirales.
La mobilité d'œuvres en mouvement qui exigent du spectateur qu'il se mette lui-même en mouvement et multiplie les points de vue (vision multiple).
La métamorphose ou, plus précisément : l'unité mouvante d'un ensemble multiforme en voie de métamorphose.
La domination du décor, c'est-à-dire la soumission de la fonction au décor, la substitution à la structure d'un réseau d'apparences fuyantes, d'un jeu d'illusions. [...]
| J.-B. Chassignet (1571-1635), « Un Corps mangé de vers » | |
Mortel, pense quel est dessous la couverture Icy l'une des mains tombe de pourriture, Le ventre deschiré cornant de puanteur Puis connoissant l'estat de ta fragilité,
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| Shakespeare, Hamlet, Acte V, scène 1, extrait. Traduction F.-V. Hugo. Source : Association de Bibliophiles Universels |
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HAMLET HORATIO HAMLET HORATIO HAMLET HORATIO HAMLET HORATIO HAMLET
Mais chut ! chut !... écartons-nous !... Voici le roi. Entrent en procession des prêtres, etc. Le corps d’OPHÉLIA, LAERTES et les pleureuses suivent ; puis LE ROI, LA REINE et leur suite. HAMLET, continuant. (Il se retire avec Horatio.) LAERTES |
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| Madame Guyon (1648-1717), « Abandon entier » Air : Je ne veux de Tirsis |
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Je suis un pauvre enfant exposé sur les eaux, Dans mon petit berceau je n’ai point de secours ; Je ne fais rien, hélas ! que de m’abandonner ; Dans cet état fâcheux je lève au ciel les yeux, Je me sens abîmer dans le vaste Océan Je me console alors dedans mon désespoir ; Je me trouve arrêté par de frêles roseaux ; Je vois de tous côtés les hommes s’empresser 1 Sa main n'est pas secourable = perte de Dieu.
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D. Souiller, La littérature baroque en Europe, P.U.F., 1998.
B. Gibert, Le baroque littéraire français, A. Colin, 1997.
J.-P. Chauveau, Lire le baroque, Dunod, 1997.
R. Le Menthéour, Baroque et Classicisme, Anthologie, Flammarion, 2003.
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