Sujets du bac de français 2015

Corrigé de la question (séries S et ES)

Question : les auteurs du corpus ont choisi d’évoquer la mort sur scène. Vous comparerez les choix adoptés dans les trois extraits.

Ce corrigé a été rédigé par Jean-Luc.

Réponse à la question préalable

Les auteurs dramatiques ont parfois cherché à représenter la mort sur scène, en particulier dans la tragédie, dont elle constitue souvent le dénouement. Ainsi Jean Racine, dans la scène 6 de l’Acte V de Phèdre, rapporte la mort atroce du jeune héros Hippolyte. Dans les deux derniers extraits de pièces du XXe siècle, Eugène Ionesco conclut Le Roi se meurt par l’agonie dérisoire du monarque tandis que Laurent Gaudé, dans Le Tigre bleu de l’Euphrate, met en scène la fin d’Alexandre le grand.

Les deux premiers textes font le choix du témoignage indirect. Racine, pour respecter la règle de bienséance de la tragédie classique qui refuse de montrer directement le trépas, utilise la forme du récit épique pour relater et magnifier la mort du jeune guerrier sans peur et sans reproche. En revanche Ionesco manifeste de manière grandiloquente et vaine les derniers instants du monarque. Il se sert des commentaires de la reine Marguerite pour décrire et accompagner la lente dissolution du souverain dont la puissance passée reste dérisoire face à l’absurdité de la mort. Il convient de noter l’abondance des didascalies et le caractère injonctif des propos. La reine doit diriger l’esprit de son époux qui défaille devant les illusions, suppléer les forces qui l’abandonnent, prendre le contrôle de sa volonté qui se délite. Elle agit à la manière d’une prêtresse ou d’un chaman qui invoque et conjure. Si le deuxième extrait dissocie les gestes et la conscience intérieure reportée dans le « miroir sans image » du double, le troisième utilise le monologue lyrique et pathétique pour partager le flux des pensées qui résume l’existence de l’homme à l’instant de sa mort. C’est l’heure du bilan, du jugement, de la vérité ultime sur le sens d’une vie, sur sa conformité au dynamisme secret de l’idéal. Alexandre s’exprime au moyen d’un « je » plus humain qu’un « nous » de majesté, grâce à une première personne singulière qui se veut responsable de sa vie, qui se confond avec ce qu’elle a vécu et ce qu’elle éprouve intensément.

Tous les extraits nous montrent le caractère inexorable de la mort, la souffrance, la peur, la solitude vécues lors des derniers instants. La mort est une dépossession, un renoncement : « Le Ciel, […], m’arrache une innocente vie », soupire Hippolyte ; « Donne-moi […] Abandonne-moi […] » ordonne la reine ; « Je me présente à toi, nu » affirme Alexandre. Le héros tragique, dans sa personnalité princière hors du commun, met particulièrement en lumière l’impuissance de la condition humaine confrontée à l’inconnu de sa mort. Il appartient seulement à l’homme de finir dignement comme Hippolyte qui accepte une lutte perdue d’avance, comme le roi d’Ionesco qui mime une dernière fois sa vaine majesté ou comme Alexandre qui reconnaît sa faute. La grandeur de l’homme se manifeste justement dans la conscience assumée de sa défaite.

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