Sujets du bac de français 2015

Corrigé de la question (série L)

Question : comparez les conceptions du voyage qui s’expriment dans ces textes.

Ce corrigé a été rédigé par Jean-Luc.

Réponse à la question préalable

Le voyage est une nécessité pour l’homme qui ne peut jamais assouvir tous ses besoins au même endroit. Il n’est donc pas étonnant que les poètes aient considéré avec attention les sens possibles de ce désir de mouvement inscrit au cœur de chacun de nous.
Les textes du corpus sont des poèmes qui vont du XVIIIe au XXe siècle. Florian développe une métaphore filée qui fait du voyage le symbole de la vie. Lamartine reprend ce thème de manière moins systématique. Jean de la Ville de Mirmont y voit plutôt un rêve, un « horizon chimérique », tandis que Jean-Michel Maulpoix considère les incessantes migrations de masse des temps modernes.
Pour Florian, le voyage à l’instar de la vie, est une épreuve redoutable. Non sans humour, le fabuliste dénonce les dangers de l’entreprise : le voyageur de l’existence, mal équipé en ses débuts, se perd et chute, puis rencontre les vicissitudes de la météorologie et les pièges sournois du relief, sans connaître un seul instant de vrai répit avant le repos final. C’est donc une vue pessimiste du pèlerinage humain. Lamartine et La Ville de Mirmont portent un regard romantique sur la traversée maritime, image du « vague » des passions et du mal de vivre. Pour le premier le départ a été l’appel du « rivage inconnu », le désir de vivre librement de grandes extases au large. Mais à l’idéalisation a succédé la désillusion. Le rêve n’a pas tenu ses promesses, la navigation a été une « fortune » de mer, le désir est resté douloureusement inassouvi. Pour le second, même résultat sans avoir connu pourtant l’exaltation des embarquements : cet appel à s’évader d’une réalité triviale a engendré l’« effroi » si bien qu’il a laissé le poète à terre. La Ville de Mirmont est resté déchiré entre sa soif d’absolu et sa peur de quitter ses certitudes mesquines. Le voyage, chez lui, a été vécu sur le mode des occasions avortées, du regret« désespér[ant] ». Maulpoix, quant à lui, se voit comme incessamment ballotté par l’existence. L’homme vit avec ses bagages, symboles de ses désirs, de ses rêves mais aussi de ses expériences le plus souvent insatisfaisantes, voire malheureuses. En dépit des échecs, le poète reste poussé par « l’instinct du ciel », ce même désir passionné que chez ses aînés romantiques. Cependant la désillusion moderniste est passée par là, dégradant le voyage en déplacement, transformant le « poète fin-de-siècle en créature d’aéroport ». Pour lui, le progrès technique qui a démocratisé les transports a fortement contribué à dépersonnaliser ses contemporains. Ces « hommes en vrac et en transit » ne favorisent pas de vraies rencontres. Pourtant, celui qui, comme le poète, sait les regarder, découvre caché en eux cet espoir inextinguible d’un ailleurs plus radieux.
Pour tous ces écrivains le voyage est d’abord une confrontation à l’inconfort et même aux dangers. Il est pour la plupart une aventure qui invite à quitter la routine, un appel à découvrir l’au-delà de nos horizons familiers. Cette ambivalence le rend à la fois attirant et effrayant. Il est vécu sur le mode de l’expérience personnelle, de l’examen des sentiments contradictoires qu’il procure. Seul Maulpoix l’envisage comme l’occasion d’une improbable rencontre interpersonnelle. Enfin tous y voient une source d’inspiration poétique de premier ordre par la force des émotions qu’il procure soit dans le registre pathétique, soit par le lyrisme de l’imagination. Grâce au voyage, le poète peut renouer avec sa nature profonde d’être de désir.

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