Sujets du bac de français 2015

Corrigé de la dissertation (série L)

Pensez-vous que la poésie soit une invitation au voyage ?

Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes du corpus ainsi que sur les textes et œuvres que vous avez étudiés et lus.

Corrigé (plan détaillé)

Ce corrigé a été rédigé par Jean-Luc.
Introduction

Nous cherchons tous à savoir pourquoi la poésie exerce sur nous un tel attrait. Les poètes ou les critiques réfléchissent à son essence et tentent parfois de nous en proposer une définition.
Est-ce à dire que l’invitation au voyage serait une approche pertinente du secret poétique ? Serait-ce par ce désir d’évasion que la poésie nous touche tant ?
Nous examinerons d’abord pourquoi ce rêve de départ inspire si souvent les poètes, puis comment ils font parfois le choix de l’ici présent. Enfin nous nous demanderons si le charme de la poésie ne réside pas plutôt dans le voyage au pays des mots.

1. Oui, parfois la poésie est une invitation au voyage, un désir d’évasion.

Nous nous sentons parfois à l’étroit chez nous. Il nous arrive aussi d’être déçus par la vie que nous menons. C’est pourquoi nous rêvons souvent d’un ailleurs plus séduisant que notre cadre habituel. Il n’est donc pas étonnant que les poètes se soient saisis de cet appel vers des horizons nouveaux.

- L’aventure, la formation (particulièrement à l’art), l’exotisme, la révolte adolescente
Le prototype du voyage aventureux : l’Odyssée, « Les Voiles » de Lamartine dans la première partie, « Les Conquistadors » de Heredia, « Ma Bohème » de Rimbaud
- L’embarquement pour Cythère, le voyage amoureux à deux
« Invitation au voyage » de Baudelaire, la bien nommée ; « la Maison du berger » de Vigny
- Échapper au spleen, au mal de vivre, le voyage initiatique
Le Bateau ivre de Rimbaud, « Le Voyage » de Baudelaire, La Divine comédie de Dante

2. Mais elle peut aussi choisir d’affronter la réalité

- Parce que le voyage se révèle décevant
« Les Voiles » de Lamartine dans la seconde partie, « Moesta et errabunda » de Baudelaire, « Heureux qui comme Ulysse » de Joachim du Bellay
- Le voyage est considéré comme une métaphore de la vie, il ne s’agit plus alors d’une invitation mais d’une condamnation.
« Le Voyage » de Florian, « Bohémiens en voyage » de Baudelaire
- Le poète peut refuser de partir pour dénoncer les injustices, il souhaite faire advenir le changement ici et maintenant, il choisit le combat plutôt que la fuite.
« Melancholia » de Victor Hugo 
- Une aventure tournée vers le futur, c’est alors l’humanité qui voyage vers un avenir de progrès au travers des épreuves initiatiques du temps présent.
La section « l’homme » du poème « Abîme » de la Légende des siècles de Victor Hugo

3. Qu’elle choisisse le départ ou l’affrontement de la dure réalité, la poésie nous livre le cœur de l’homme dans le lyrisme amplificateur.

- Le voyage vécu comme un appel ou une menace : les registres lyrique, pathétique et tragique
- Un « je » qui témoigne
- Les images amplificatrices
La mer, symbole des grands espaces, de l’appel du large et des dangers de l’aventure, la métonymie des voiles ouvertes au vent
« Les Voiles » de Lamartine, « Homme libre, toujours tu chériras la mer » Baudelaire
Le voyage immobile, le rêve plutôt que la réalité, les bateaux au port : La Ville de Mirmont, « L’invitation au voyage » de Baudelaire
- Au service du voyage poétique, les mots de la liberté et la liberté des mots.
Le poète doit acquérir un langage nouveau pour rendre compte de ce qu’il vit : « Il fut un temps où je poussais dans mes racines de par ici, ne connaissant des lointains que la rêverie et de la langue les mots les plus approximatifs. Mais j’ai quitté l’allée de buis et le petit jardin. Je ne m’alimente plus en eau par les racines mais par le ciel. » Maulpoix

Conclusion

L’appel d’un ailleurs plus séduisant qui dilate le cœur a souvent inspiré les poètes : si la réalité quotidienne se montre décevante, si l’idéal l’exige, alors l’invitation au voyage se fait plus pressante. Pourtant certains d’entre eux l’ont refusée comme une tentation. Ces poètes ont ainsi dénoncé les illusions du départ qui ne permet jamais d’assouvir la faim intérieure. D’autres, plus engagés dans les combats de leur temps, ont même choisi de renoncer à quitter leur lieu de vie, au motif qu’il s’agirait alors d’une fuite ou d’une trahison. Dans tous les cas, que le voyage soit célébré ou dénoncé, le poète essaie d’apporter une force nouvelle à son propos par l’invention d’une langue poétique au souffle puissant.
Le poète est bien celui qui vit plus intensément que ses frères les joies et les tourments de la condition humaine dans son pèlerinage terrestre. Il est souvent hanté par la question que pose Melville dans son Moby Dick : « Où se trouve le port terminal, d’où nous ne lèverons plus l’ancre ? » Il est surtout celui qui sait nous toucher par la « sorcellerie évocatoire » d’un langage adapté à son projet, celui de chercher à résister à « la vie [,…] voyageur qui laisse traîner son manteau derrière lui, pour effacer ses traces ». Les Voyageurs de l’impériale, Aragon

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