Bac français 2008, séries S et ES

Corrigé de la question

Ce corrigé a été rédigé par Jean-Luc.

Objet d’étude : le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde

 Lire le sujet

Dans quelle mesure ces portraits prennent-ils appui sur le réel, dans quelle mesure le transposent-ils ?
Votre réponse n’excédera pas une trentaine de lignes.

Remarque préliminaire :

Avant de se lancer dans la rédaction de la réponse, il est important de définir les notions qu’elle utilise. Ici transposer n’échappait pas à la règle car il conditionnait la suite de la démonstration. Les musiciens étaient avantagés car ils connaissent bien cette notion dans l’écriture musicale : le changement de tonalité. Ici, dans le contexte littéraire, transposer avait une double signification : chercher des équivalences dans d’autres formes artistiques, peinture, sculpture ou musique, mais aussi faire surgir une surréalité de derrière les apparences… De ce fait, la réponse devait faire la part belle aux figures d’image : comparaison, métaphore, hyperbole, symbole, allégorie…

Le corpus est composé de quatre textes descriptifs tirés de romans du XIXe siècle pour trois d’entre eux et du début du XXe siècle pour le quatrième. Il s’agit de portraits destinés à nous faire mieux connaître un personnage.

L’art du portrait, en peinture comme en littérature, consiste à faire parler les traits physiques pour révéler le monde intérieur caché à l’observateur. Ces extraits font-ils donc appel largement à la description réaliste ? Ces portraits sont-ils une pure peinture ou servent-ils un projet implicite ? Nous pouvons noter que les quatre auteurs, chacun à leur manière, essaient de produire une impression forte sur leur lecteur au moyen d’une transposition. Ce terme signifie d’abord transférer d’un domaine dans un autre, moyennant une adaptation, chercher des équivalences dans d’autres formes d’expression artistiques et ensuite les exprimer par des moyens symboliques, relevant de l’analogie, de l’image.

Balzac nous décrit minutieusement un riche vieillard aux habits luxueux. Mais, dès le départ, il excite notre curiosité par la « bizarrerie » du personnage, son aspect maléfique et son attrait indéfinissable. En travaillant le contraste entre les ombres et les lumières, Balzac se réclame du fameux clair-obscur du peintre Rembrandt pour créer une ambiance « fantastique ».

Victor Hugo, qui fut aussi un génial dessinateur à l’encre, travaille son texte selon cette technique, à la limite de la caricature. Lui aussi souligne la bizarrerie de son héros « admirablement réussi », de cet être mutilé par un rictus permanent. Gwynplaine n’est pas décrit de manière réaliste, il se confond avec son rire au point de devenir « une tête de Méduse gaie », un symbole de la misère humaine non reconnue, d’une humanité torturée, un héros très romantique par l’alliance intime de la tragédie et de la comédie.

Zola, en écrivain naturaliste, soigne les détails des mouvements comme de la musculature, et la couleur locale du milieu ouvrier. Il se comporte de même en peintre coloriste en jouant sur les tonalités violentes du feu, sur les lumières reflétées par la sueur et la blondeur du poil. Mais comme souvent dans son œuvre il bascule dans le registre épique : d’abord il se fait chorégraphe, puis sculpteur en mettant en valeur les formes et les volumes pour évoquer un Héphaïstos moderne.

Quant à Proust, qui décrit un vieux beau aristocratique, il se contente de focaliser sur le visage ruiné par les tempêtes passionnelles de la vie mais qui a gardé de beaux restes de son ancienne splendeur. Il mélange les notations réalistes sur les traits et les volumes de la tête, avec des incursions dans l’architecture, la sculpture et surtout la peinture avec le tableau d’une mer déchaînée pour nous faire sentir le dramatique combat que se livrent la vie et la mort chez le digne vieillard.

Ces quatre portraits sont remarquables et impressionnants. La simple description réaliste n’est pas suffisante pour frapper le lecteur. Tous les auteurs ajoutent une puissante touche affective en recourant à des images tirées d’autres démarches artistiques. En particulier la dramatisation obtenue par les contrastes affirmés des ombres et des lumières, comme chez les peintres, permet l’évocation de l’invisible.

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